Arkab veut faire du financement climatique un levier de développement

Hier mardi, devant les participants à l’atelier consacré au financement climatique et aux marchés du carbone, au Centre international de conférences Abdelatif-Rahal, Mohamed Arkab a réaffirmé la volonté de l’Algérie de poursuivre le développement durable de son secteur des hydrocarbures. Réduction des émissions de gaz à effet de serre, promotion des technologies propres, renforcement des capacités nationales d’adaptation, le ministre a déroulé les trois piliers de cette trajectoire. Son message central tient en une idée. Le financement climatique ne doit pas être vu comme une contrainte venue de l’extérieur, mais comme un véritable levier de développement national.

Encore faut-il, a-t-il insisté, concilier les engagements environnementaux avec les priorités économiques et sociales du pays, à savoir la sécurité énergétique, la compétitivité de l’industrie, le transfert de technologies et la formation des compétences locales. Le ministre a rappelé que le dérèglement climatique est un défi stratégique majeur, dont les effets se font sentir sur les économies, les ressources en eau, la sécurité alimentaire et énergétique, et plus largement sur les perspectives de développement durable.

La lutte contre le réchauffement exige désormais, a-t-il estimé, une mobilisation effective des ressources financières et une orientation des investissements vers des projets aux retombées environnementales et économiques tangibles. C’est dans ce cadre qu’il a présenté les marchés du carbone comme un mécanisme possible pour mobiliser des financements et valoriser les projets qui réduisent réellement les émissions. Mais pas à n’importe quel prix. Mohamed Arkab a demandé des règles transparentes et rigoureuses, seules garantes de la crédibilité des crédits carbone et du refus du double comptage
des réductions.

Il a également appelé à doter le pays d’un cadre réglementaire et institutionnel adapté, avec un système national de mesure, de notification et de vérification, afin de protéger les intérêts économiques de l’Algérie et de lui assurer une vraie valeur ajoutée.Les chiffres de la contribution déterminée au niveau national restent la boussole. L’Algérie s’engage sur une baisse de 14% de ses émissions, un objectif qui peut monter à 31% grâce à un appui international en matière de financement, de transfert de technologies et de renforcement des capacités.

Le ministre a enfin plaidé pour une coordination plus étroite entre les secteurs et une coopération accrue, afin de bâtir des solutions climatiques concrètes et durables. Prévu sur deux jours, l’atelier doit permettre de cerner les besoins et les priorités nationales, d’examiner les opportunités qu’offrent les marchés du carbone et d’identifier les secteurs et projets susceptibles d’en bénéficier. Les travaux visent aussi à dessiner une première feuille de route nationale, à repérer les partenariats et les ressources mobilisables, et à formuler des recommandations opérationnelles pour passer, enfin, de la concertation à la mise en œuvre.

Farid B.