Algérie-Mali: Le réchauffement se confirme

Retour à la raison du côté malien. Après les attaques virulentes contre l’Algérie, les dirigeants maliens ont adopté un nouveau ton, plutôt conciliateur avec son voisin, après s’être rendus à l’évidence que la tension avec l’Algérie, qui a toujours maintenu sa main tendue, n’est absolument pas favorable à la stabilité et au développement du pays.
Après le retour des ambassadeurs à leurs postes respectifs et la réouverture de l’espace aérien des deux pays, le réchauffement entre Alger et Bamako se confirme, avec les nouvelles déclarations du Premier ministre malien, le général de division Abdoulaye Maïga.
«Le Mali et l’Algérie entretiennent des liens historiques et partagent une frontière commune de plus de
1 300 kilomètre », a déclaré M. Maïga, affirmant qu’il n’existait «aucune rupture diplomatique» entre le Mali et l’Algérie. Il a évoqué une convergence totale de vues entre les dirigeants des deux pays, après une crise qui a duré plusieurs mois.
«Aujourd’hui, nous devons nous réjouir et saluer la convergence totale de vues entre leurs excellences le général d’armée Assimi Goïta, président de la Transition, chef de l’État du Mali, et le président Abdelmadjid Tebboune, président de la République algérienne démocratique et populaire», a-t-il lancé.
Soulignant l’aspiration commune des deux pays à «vivre dans une région pacifiée, dans une région sécurisée», débarrassée «de toute forme de néocolonialisme, de toute forme de prétention hégémonique» et du terrorisme. Le Premier ministre malien a soutenu que cette convergence porte notamment sur «des principes clés», dont «le respect de la souveraineté des États et la non-ingérence dans les affaires intérieures».
Bamako a décidé d’ouvrir une nouvelle page de ses relations avec Alger et de tourner la page des hostilités nourries par des déclarations agressives à l’égard de l’Algérie.
La main tendue d’Alger, affichée à chaque fois par le chef de l’état, Abdelmadjid Tebboune, et le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a été saisie par les autorités maliennes.
Abdoulaye Maïga a précisé qu’il n’y a aucune divergence personnelle entre dirigeants algériens et maliens, mettant en avant les relations entre plusieurs responsables maliens et algériens.
Il a évoqué les liens professionnels et académiques entre responsables des deux pays, soulignant que plusieurs d’entre eux ont fréquenté l’École nationale d’administration d’Alger.
«J’espère que ces liens entre puissent rejaillir positivement et raffermir les relations entre le Mali et l’Algérie», a-t-il déclaré. Et de trancher : «Voilà, c’est dit et c’est compris : pas de rupture diplomatique entre le Mali et l’Algérie». Pour certains observateurs, cette déclaration est probablement annonciatrice d’une visite de responsables maliens de haut niveau à Alger.
Fateh H.