Affaire des visas accordés aux algériens: La polémique enfle en France

L’Algérie est devenue une fixation pour l’extrême droite en France. Elle a toutes les chances d’occuper une place centrale dans les débats et polémiques au fur et à mesure qu’approchent les élections présidentielles de 2027. Cette fois-ci, la polémique est alimentée par des déclarations de l’ambassadeur de France à Alger, Stéphane Romatet, concernant la question des visas accordés aux demandeurs algériens. «Notre objectif c’est de faire en sorte que ce volume de visas que nous attribuons aux citoyens algériens qui ont toutes les bonnes raisons pour venir en France, que ce chiffre puisse redémarrer à la hausse et de revenir probablement au niveau antérieur à la crise», a-t-il lancé il y a quelques jours dans un entretien médiatique. Ces propos ont déclenché une grosse polémique nourrie par l’extrême droite qui refuse tout retour à la normale dans les relations entre les deux pays.
Face à l’ampleur prise par la polémique, le Président français, Emmanuel Macron, a fini par réagir et recadrer son ambassadeur à Alger.
«Le président de la République a tenu à corriger les propos de notre ambassadeur en Algérie qui ont été très relayés ces derniers jours sur notamment le nombre de visas», a déclaré, hier, la porte-parole du gouvernement français, Maud Bregeon, dans son compte rendu d’une réunion du conseil des ministres présidée par M. Macron.
«La France a engagé un travail exigeant sur les enjeux et les sujets majeurs avec l’Algérie. Pour autant, il n’y a aucun objectif chiffré en matière de visas et il n’y a aucun laxisme de la part de la France», a-t-elle ajouté, en citant le président français, rappelant au passage que c’était lui qui a réduit le nombre de visas délivrés aux Algériens, après son arrivée au pouvoir.
«Je rappelle par ailleurs que lorsque le président de la République a été élu pour la première fois en 2017, le nombre de visas délivrés par an était à ce moment de 500 000. Le président de la République a immédiatement pris la décision de baisser ces chiffres pour que cela réponde aux besoins de la France, d’une part, et aux réalités géopolitiques, d’autre part», a dit Maud Bregeon.
Auparavant, c’était le gouvernement français qui a réagi en affirmant qu’«aucun objectif chiffré n’a été fixé» et que «la délivrance de visas aux ressortissants algériens ne fait pas partie des sujets discutés».
Au fur et à mesure que l’échéance présidentielle approche en France, il ne faut pas exclure le fait que l’Algérie va occuper une place centrale dans les débats à Paris.
La moindre question en lien avec le pays peut nourrir la polémique. C’est ce que cherche visiblement l’extrême droite qui ne rate aucune occasion pour tirer sur l’Algérie. Un pays qui les dérange et contre lequel ils ne peuvent rien, à part gesticuler
Lotfi L.-E.