Accord de paix en péril: Téhéran accuse Washington de violation, les tensions reprennent

Apeine signé, déjà mis à l’épreuve. Le protocole d’accord de paix conclu le 18 juin entre l’Iran et les États-Unis est au bord de l’implosion, moins de deux semaines après sa signature.
Téhéran accuse Washington d’en avoir violé les termes, tandis que les deux camps échangent des frappes militaires et des avertissements de plus en plus graves.
C’est Mohsen Rezaei, haut conseiller du guide suprême iranien et ancien commandant du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), qui a mis le feu aux poudres dans un message publié sur X.
Selon lui, les États-Unis ont violé les premier et cinquième paragraphes du protocole en soutenant les actions d’Israël dans la région et en continuant à créer des tensions dans le détroit d’Ormuz.
Il a averti que la réponse iranienne à toute nouvelle violation serait «rapide et écrasante».
Pour rappel, le premier paragraphe du protocole engage l’Iran, les États-Unis et leurs alliés respectifs à cesser immédiatement et définitivement toute opération militaire sur tous les fronts, y compris au Liban, et à renoncer à toute guerre ou action militaire mutuelle.
Le cinquième paragraphe confie à l’Iran la responsabilité d’assurer pendant 60 jours le passage sécurisé des navires marchands dans le détroit d’Ormuz, sans frais.
Or c’est précisément dans ce détroit que la situation a basculé. Le commandement central américain a annoncé samedi dernier avoir mené des frappes contre des zones côtières méridionales de l’Iran «en réponse ferme» à une attaque perpétrée la veille contre un navire marchand en transit, estimant que cette attaque constituait elle-même une violation du cessez-le-feu.
Le CGRI a répliqué en affirmant avoir frappé des positions militaires américaines au Moyen-Orient, avertissant que de nouvelles attaques américaines entraîneraient une réponse encore plus forte.
Ebrahim Azizi, président de la commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du Parlement iranien, a pour sa part dénoncé sur X le fait que les États-Unis avaient «une fois de plus attaqué l’Iran en pleine négociation» — une formulation qui laisse entrevoir la profondeur de la défiance entre les deux capitales. Le contexte est lourd. Depuis le 28 février, l’Iran avait renforcé son contrôle sur le détroit d’Ormuz en interdisant le passage des navires appartenant ou affiliés à Israël et aux États-Unis, en représailles à des frappes conjointes menées sur son territoire. Le protocole du 18 juin avait semblé ouvrir une fenêtre de sortie de crise. Cette fenêtre paraît aujourd’hui bien fragile.
Malik M.