Moscou accueillera les 28 et 29 octobre 2026 le troisième sommet Russie-Afrique, avec pour objectif de renforcer les relations avec les pays africains et de transformer la coopération politique et diplomatique en partenariats économiques concrets. Cette rencontre devrait accorder une place importante au commerce, aux investissements, à l’énergie nucléaire civile, à la sécurité alimentaire, à la logistique, à la numérisation et aux technologies avancées. Selon les organisateurs, la Russie entend promouvoir un ordre mondial multipolaire, fondé sur le respect de la souveraineté des États et l’indépendance de leurs décisions.
Moscou souhaite également consolider sa coopération avec le continent dans les domaines des céréales, des engrais et des technologies agricoles, tout en encourageant les investissements dans la production locale. L’énergie, la souveraineté financière et le développement technologique figurent également parmi les priorités du sommet. Toutefois, les observateurs soulignent que la multiplication des sommets entre les grandes puissances et les pays africains ne garantit pas, à elle seule, des résultats concrets.
Les États africains attendent des engagements traduits en investissements productifs, en transferts de technologies et en projets capables de soutenir l’industrialisation, les infrastructures et la sécurité alimentaire. Ils souhaitent également participer pleinement à la définition des priorités de coopération, sans devenir un simple terrain de compétition entre puissances internationales.
Pour Pierre de Gaulle, vice-président du jury du Prix international de la paix Léon-Tolstoï, ce sommet dépasse les seuls enjeux économiques. Il pose la question de la capacité des pays africains à transformer leur indépendance politique en souveraineté économique et technologique, afin de négocier d’égal à égal avec leurs partenaires internationaux. De son côté, Lindywe Sisulu, ancienne ministre sud-africaine des Relations internationales et de la Coopération, insiste sur la place centrale de la paix dans le développement des peuples et des nations. Elle rappelle l’héritage de Léon Tolstoï et son influence sur Mahatma Gandhi, notamment dans la promotion de la non-violence et du règlement pacifique des conflits. Lancé en 2019 à Sotchi, le partenariat Russie-Afrique a abouti à plus de 90 accords, puis à 161 accords lors du sommet de Saint-Pétersbourg en 2023. Le sommet de Moscou devra transformer ces engagements en projets concrets et durables pour les économies africaines.
S. G.
Des partenariats économiques au cœur des discussions : le troisième sommet Russie-Afrique
