Les rayons sans étiquette ne passeront plus inaperçus. Dans un communiqué diffusé ce mardi, le ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national a rappelé à l’ensemble des opérateurs économiques, tous secteurs confondus, l’obligation d’afficher de manière claire et lisible les prix et tarifs des produits et services proposés. Produits alimentaires, équipements, prestations de services, aucune activité n’échappe à la règle. Le message est sans ambiguïté. Tout manquement expose son auteur à des poursuites judiciaires, à la fermeture administrative du local commercial et à la saisie des produits concernés par l’infraction. Le ministère appelle les professionnels à se conformer strictement à cette exigence, afin de garantir la transparence des transactions et de protéger le droit des consommateurs à connaître les prix avant d’acheter.
Le texte de référence reste la loi 04-02 du 23 juin 2004, modifiée et complétée, qui fixe les règles applicables aux pratiques commerciales. Elle impose à tout vendeur d’informer sa clientèle sur le coût des biens et services, par tout moyen, à condition que l’information soit immédiatement perceptible. L’amende prévue va de 5 000 à 100 000 dinars, une sanction qui vient s’ajouter aux mesures de fermeture et de saisie évoquées par le communiqué.
Ce cadre doit par ailleurs être renforcé, un projet de loi sur les conditions d’exercice des activités commerciales ayant été examiné par les députés en avril dernier. Derrière ce rappel, le ministère défend un double objectif. Il s’agit d’abord d’assurer la clarté des transactions, ensuite de préserver le droit de l’acheteur à savoir ce qu’il va débourser avant même d’entamer une négociation.
L’absence d’étiquetage ouvre en effet la porte à des tarifs qui varient selon le profil du client, une pratique depuis longtemps dénoncée par les associations de défense des consommateurs, en particulier pour les fruits et légumes et les produits frais.
Les autorités ne comptent d’ailleurs plus uniquement sur les brigades de terrain. Depuis mai, les citoyens peuvent signaler l’absence d’affichage des prix, ainsi que des problèmes d’hygiène, via l’application Morafikcom. Ce rappel intervient alors que les contrôles se multiplient. Sur les sept premiers mois de 2026, le ministère fait état de plus de 131 000 infractions relevées au terme de près de deux millions d’interventions. Les agents ont proposé la fermeture de plus de 8 100 établissements et mis au jour un chiffre d’affaires dissimulé dépassant 17 milliards de dinars.
Le défaut d’affichage compte parmi les manquements les plus fréquemment constatés.La séquence est plus large. En juin, des importateurs de produits destinés à la revente en l’état avaient reçu une mise en demeure de dix jours pour régulariser leurs déclarations, et les entreprises industrielles s’exposent à une amende pouvant atteindre un million de dinars en cas de déclaration manquante sur la plateforme dédiée à la production nationale. Pour les commerçants, le calcul est vite fait. Une étiquette coûte bien moins cher qu’un procès-verbal assorti d’une fermeture.
F. B.
Affichage des prix : le ministère du commerce menace de poursuites, de fermeture et de saisie
