Le président du Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC), l’Algérien Amar Bendjama, estime que la communauté internationale n’a plus à chercher les solutions pour atteindre les Objectifs de développement durable. Elle sait ce qu’il faut faire. Ce qui manque, c’est la rapidité d’exécution et des résultats tangibles.
S’exprimant jeudi dernier à Genève, lors d’un briefing devant le Conseil des droits de l’homme consacré aux conclusions du Forum politique de haut niveau 2026, le diplomate a plaidé pour un changement de rythme afin de relancer la dynamique des ODD.
Les chiffres qu’il a cités laissent peu de place à l’optimisme. Selon le dernier rapport sur les progrès accomplis, seuls 36% des objectifs disposant de données sont en bonne voie ou avancent à un rythme modéré.
Près de la moitié ne progressent que timidement, et environ un objectif sur sept est même retombé sous son niveau de 2015. Pour inverser la tendance, Amar Bendjama a défendu des approches qui mobilisent à la fois les gouvernements et l’ensemble de la société.
Il a aussi insisté sur le rôle décisif des données, sans lesquelles il est impossible de repérer les populations les plus marginalisées ni de concevoir des réponses adaptées à leurs besoins.
Revenant sur le Forum qui s’est tenu du 7 au 15 juillet, il a rappelé l’attention portée aux pays africains, aux pays les moins avancés, aux pays en développement sans littoral, aux pays à revenu intermédiaire et aux petits États insulaires en développement.
Tous restent freinés par la pauvreté, le poids de la dette, la vulnérabilité climatique, la réduction de leur marge budgétaire et les chocs extérieurs.
Il a également alerté sur la multiplication des catastrophes climatiques et la dégradation de l’environnement, qui menacent les acquis du développement et frappent d’abord les plus fragiles.
À l’approche du Sommet sur les ODD prévu en 2027, le président de l’ECOSOC a jugé essentiel de renforcer la coopération entre son institution et le Conseil des droits de l’homme.
Il a réaffirmé son attachement au principe de ne laisser personne de côté, en appelant à faire avancer de front le développement, les droits de l’homme, la justice et la paix.
Lotfi L.-E
Développement durable : Bendjama appelle à passer de l’engagement à l’action
