Le lien entre poids et cancer aurait longtemps été sous-estimé. C’est la conclusion d’une étude publiée par la revue Cancer Communications, selon laquelle l’obésité pourrait être responsable de plus de 11% des cas de cancer soit près du double de la proportion retenue jusqu’ici par la communauté scientifique.
Pour parvenir à ce résultat, l’équipe de recherche s’est appuyée sur les données de 458 543 personnes issues de la UK Biobank, suivies sur le plan médical pendant douze ans. Près de 50 000 cas de cancers, tous types confondus, ont été recensés parmi les participants durant cette période.
La méthode employée tranche avec celle des études précédentes. Plutôt que de se limiter au seul indice de masse corporelle, les chercheurs ont également pris en compte le tour de taille et le rapport taille-hanches, des indicateurs jugés plus fiables pour mesurer la masse graisseuse réellement accumulée dans l’organisme.
Ils ont par ailleurs ajusté leur analyse statistique pour tenir compte d’un biais connu : certaines tumeurs provoquent une perte de poids involontaire des années avant leur diagnostic, ce qui tend, dans les études classiques, à atténuer artificiellement le lien apparent entre surpoids et cancer.
Une fois ce facteur neutralisé, la part des cancers attribuables au surpoids est passée de 5,5% à 11,5%.
Les chercheurs relèvent en outre que cette relation entre excès de graisse corporelle et risque de cancer se révèle particulièrement marquée chez les femmes et chez les personnes de moins de 60 ans
un résultat qui, selon eux, plaide pour une prise en charge plus précoce et plus systématique de
l’obésité dans les stratégies de prévention du cancer.
Ces conclusions viennent s’ajouter à d’autres travaux récents pointant dans la même direction.
Une étude publiée dans le Journal of Thoracic Oncology avait déjà montré que l’accumulation de graisse abdominale pouvait accroître le risque de cancer du poumon, via un mécanisme affaiblissant les défenses immunitaires naturelles de l’organisme.
Le Journal of Clinical Investigation avait, de son côté, établi que l’obésité pouvait également favoriser l’apparition et la progression de cancers du sang.
N. C.
Cancer: La part liée à l’obésité deux fois plus élevée qu’estimé
