Il y a des phrases qui ne laissent aucune place à l’interprétation. Celle prononcée par le président Abdelmadjid Tebboune, lors de sa rencontre périodique avec les représentants de la presse nationale, en fait partie : quiconque chercherait à ramener le terrorisme aux frontières tunisiennes ou à menacer la Tunisie par ce biais «lui fera comprendre à qui il a affaire». Une mise en garde sans détour, dont la diffusion était prévue le soir même sur les chaînes de télévision et de radio nationales.
Le chef de l’État algérien n’a pas choisi ses mots au hasard.
Depuis plusieurs années déjà, il défend une lecture de la sécurité régionale où les frontières entre les deux pays s’effacent devant une même logique : ce qui menace l’un menace l’autre. «La sécurité de la Tunisie est celle de l’Algérie, et la sécurité de l’Algérie est celle de la Tunisie», a-t-il rappelé, reprenant une formule devenue, au fil de ses interventions, presque une doctrine.
Cette nouvelle déclaration ne surgit pas de nulle part. Elle s’inscrit dans une séquence où Alger a multiplié les prises de position fermes sur le dossier tunisien, à mesure que des rumeurs et des documents de provenance douteuse ont tenté, ces derniers mois, de présenter la relation entre les deux pays sous un jour différent. En réaffirmant son attachement à la stabilité de son voisin, le président Tebboune ne se contente pas d’un geste diplomatique de circonstance : il pose un principe qu’il entend voir respecté, aux frontières comme dans le discours régional. Reste que cette fermeté n’a rien d’un simple effet de tribune. Elle s’appuie sur une constance diplomatique qu’Alger a, par le passé, su traduire en actes et qui fait aujourd’hui de l’Algérie un garant crédible de la stabilité de son voisinage immédiat.
A. G.
