Entre installation technique et appels au dialogue, la nouvelle Assemblée prend forme

AJ-1 de la séance de validation des mandats, prévue le 28 juillet, la nouvelle Assemblée populaire nationale, issue des législatives du 2 juillet, avance sur deux fronts distincts : celui, technique, de sa mise en place institutionnelle, et celui, plus politique, des appels à repenser les équilibres du pouvoir.
Sur le plan institutionnel, le bureau provisoire de l’Assemblée présidé, ce dimanche, selon la tradition, par le doyen d’âge des candidats élus, assisté du plus jeune d’entre eux a tenu une réunion en présence des représentants des partis politiques et des candidats libres ayant remporté des sièges lors du dernier scrutin et remplissant les conditions requises pour constituer des groupes parlementaires.
Cette rencontre a permis d’arrêter l’ordre du jour de la séance d’ouverture de la dixième législature, ainsi que les modalités de constitution de la commission chargée de la validation des mandats.
Ce travail préparatoire se double d’une accélération, en coulisses, de la structuration des groupes
parlementaires et de la répartition des postes de vice-président de l’institution.
Cette répartition, fixée pour un premier mandat d’un an conformément au règlement intérieur, s’établit
ainsi : deux vice-présidences pour le Front de libération nationale, deux pour le Rassemblement national démocratique, deux pour le Front El Moustakbal, et une pour chacun des partis Mouvement de la société pour la paix, Mouvement El Bina et Ahrar.
Le Front de libération nationale a par ailleurs porté le député de Tipaza, Othmane Rachid, à la tête de
son groupe parlementaire, tandis que le Front El Moustakbal a désigné l’élu de Tiaret, Nasreddine Aouinat, pour diriger le sien. Des sources proches du dossier évoquent également l’arrivée de formations inédites au sein de l’hémicycle à l’image du Front des forces socialistes, du Rassemblement pour la culture et la démocratie, du Parti des travailleurs, du Front pour la justice et le développement ou encore d’El Fadjr El Jadid qui devrait, selon elles, insuffler davantage de diversité dans le travail législatif et de contrôle parlementaire.
C’est dans ce contexte qu’intervient la sortie du Mouvement de la société pour la paix, qui a plaidé, dans un communiqué diffusé à l’issue de la septième session ordinaire de son Conseil consultatif tenue vendredi dernier, pour l’ouverture d’un «dialogue national» destiné à jeter les bases d’un partenariat politique national élargi, fondé sur le consensus entre les différentes forces politiques du pays.
Un dialogue qui, selon le parti islamiste, devrait déboucher sur la formation d’un gouvernement «politique national rassembleur».
Le mouvement estime que la conjoncture actuelle impose le passage à un «nouveau modèle politique» reposant sur ce partenariat national élargi, qu’il présente comme un choix stratégique conciliant
indépendance, coopération sur les grands dossiers nationaux, responsabilité politique et force de
proposition continue. Cette prise de position survient alors que les milieux politiques et partisans évoquent déjà l’hypothèse d’un prochain remaniement gouvernemental, certaines lectures anticipant des changements à la tête de plusieurs ministères, voire des fusions entre départements.
Son Conseil consultatif a enfin souligné que la réponse aux défis économiques et sociaux constitue désormais une priorité nationale pressante, appelant à protéger le pouvoir d’achat des citoyens, à
encourager l’investissement et la production, à élargir les opportunités d’emploi, à améliorer les services publics et à renforcer la justice sociale autant de piliers qu’il juge essentiels à la stabilité nationale et au
développement durable.
A. G.