De la résistance à la reconnaissance: Une chaire algérienne à Oxford pour perpétuer l’héritage humaniste de l’Émir

Sur instruction du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, l’Algérie a franchi une étape historique sur la scène académique internationale. Le ministre d’État, recteur de Djamaâ El-Djazaïr, Cheikh Mohamed Maâmoun Al Kacimi Al Hoceini, et le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, ont cosigné, à Londres, l’accord portant création de la «Chaire Émir-Abdelkader» au prestigieux Centre d’études islamiques de l’Université d’Oxford.
Cette initiative d’envergure s’inscrit dans le sillage d’une instruction présidentielle visant à promouvoir la recherche sur l’héritage exceptionnel de l’Émir Abdelkader, figure fondatrice de l’État algérien moderne et chef de la résistance contre le colonisateur français.
Bien plus qu’un simple programme académique, cette chaire ambitionne de faire rayonner les valeurs universelles portées par cette personnalité d’exception : la coexistence entre les religions et les cultures, l’éthique du pouvoir, l’équilibre entre identité et ouverture, ainsi que la consolidation de la paix.
Le choix de l’Université d’Oxford n’a rien d’anodin. Cette institution, l’une des plus réputées au monde, abrite un Centre d’études islamiques reconnu pour son rôle de pont entre le monde musulman et l’Occident, ce qui en fait le cadre idéal pour honorer la mémoire d’un homme qui a su, de son vivant, dialoguer avec son époque dans le langage des valeurs universelles.
Lors de la cérémonie de signature, Cheikh Al Hoceini a tenu à exprimer sa profonde gratitude au président Tebboune pour son soutien indéfectible à ce projet, ainsi qu’au roi Charles III pour son parrainage du Centre et son engagement en faveur dudialogue et de la coopération entre les peuples. Le recteur de Djamaâ El-Djazaïr a rappelé que, dans la mémoire collective algérienne, l’Émir Abdelkader n’est pas une simple figure historique : il est l’un des grands fondateurs de la pensée algérienne moderne et un symbole autour duquel se sont structurées les notions d’État, de légitimité, d’unité et d’appartenance nationale. Confronté à une conjoncture historique particulièrement complexe, il a su préserver l’identité d’une société menacée tout en édifiant un système politique et administratif viable.
L’Émir ne s’est pas limité à mener la lutte et la résistance ; il s’est également attelé à la construction des institutions de gouvernance, structurant l’administration, les finances, la justice et les relations extérieures, tout en défendant une conception de l’État fondée sur l’idée d’une communauté nationaleunifiée. Pour l’Algérie, cette Chaire constitue un investissement dans l’avenir et dans la connaissance, ainsi qu’une vitrine du rayonnement civilisationnel de la nation algérienne.
L’étude de l’Émir Abdelkader aujourd’hui ne saurait se limiter à la seule évocation d’un souvenir historique ; elle doit s’inscrire dans une réflexion sur un modèle intellectuel capable d’éclairer de nombreuses questions contemporaines à l’échelle mondiale, telles que la coexistence entre les religions et les cultures, l’éthique du pouvoir, le rapport entre identité et ouverture, et la consolidation de la paix dans un monde de plus en plus fragmenté.
À l’occasion de ce lancement, la «Salle de l’Algérie» a également été inaugurée au sein du Centre d’études islamiques d’Oxford, reflétant ainsi la place de l’Algérie au sein de cette institution scientifique et contribuant à renforcer sa présence culturelle et scientifique dans l’espace académique international.
Un programme scientifique et académique a été prévu avec la participation de professeurs et chercheurs algériens et britanniques, abordant l’héritage de l’Émir Abdelkader et les perspectives de coopération dans les domaines de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation, au service des relations d’amitié et de coopération entre les deux pays.
Amina S.