Deuxième édition du prix Berbère Télévision du roman amazigh: Quatre candidatures en lice

La deuxième édition du prix Berbère Télévision du roman d’expression amazighe a franchi une nouvelle étape. Lors d’une conférence de presse animée samedi à la bibliothèque principale de lecture publique Si-Mohand-Ou-Mhand de Tizi Ouzou, les organisateurs ont annoncé que quatre romans ont été sélectionnés parmi les onze candidatures reçues. Ce palmarès provisoire fait suite au travail de présélection effectué par les cinq membres du jury.
Lancé avec succès en 2025 par la chaîne Berbère Télévision, ce prix confirme son attractivité auprès des auteurs amazighophones.
Les quatre ouvrages retenus sont : Akud i tudert, tagnit i tayri de Djamal Benaouf, Aygher de Fayza Mazouz, Tasrit tis tesâa de Sid Ali Cherifi, Ti?ri n tudert de Siham Harikenchikh.
Conformément au règlement intérieur, tous ces textes ont été publiés en 2025.
Les organisateurs ont souligné que ce prix illustre «la dynamique et la diversité de la production littéraire amazighe, en mettant en lumière aussi bien des auteurs confirmés que de jeunes plumes prometteuses». Le nom du lauréat de cette édition sera dévoilé le 11 juillet 2026.

Une progression encourageante du nombre de participants
Les intervenants ont longuement salué la qualité des œuvres soumises. Ils se sont réjouis de l’augmentation du nombre de candidats : huit romans avaient concouru lors de la première édition, contre onze cette année.
Allaoua Rabehi, membre du jury et enseignant-chercheur à l’université Abderrahmane-Mira de Béjaïa, s’est dit satisfait et optimiste face aux progrès de la production romanesque amazighe ces dernières années. Son optimisme est partagé par Takfarinas Nait Chabane, universitaire et journaliste littéraire pour Berbère Télévision. Ce dernier a souligné un aspect particulièrement positif du concours : la majorité des écrivains participants ne sont pas des spécialistes du domaine amazigh. Il a cité Rachid Oulebsir, longtemps écrivain et journaliste en langue française, ainsi que Faiza Mazouz, médecin de formation, et Djamel Benaouf, militant engagé de longue date dans la promotion de la culture et de la langue amazighe au sein de l’Association culturelle «Numidia» d’Oran.

Des critères exigeants et un impact rapide
Mohand Akli Salhi, membre du jury, universitaire chercheur et écrivain (lauréat du prix Assia-Djebar), a rappelé que les critères de sélection reposent principalement sur la qualité de la langue employée et sur les qualités littéraires des ouvrages proposés.
L’universitaire Boussad Achour, également membre du jury, a insisté sur l’impact remarquable du prix en seulement une année d’existence.
Selon lui, le bilan est très positif et devrait encourager tous les acteurs de l’écriture en langue amazighe à persévérer. Il a comparé l’évolution du secteur : durant les années 1980, seulement trois romans en amazighe avaient été publiés en dix ans. Aujourd’hui, une dizaine de romans paraissent chaque année.

Un léger changement par rapport à l’édition précédente
Contrairement à la première édition, qui n’avait retenu que trois finalistes, le jury a cette fois-ci désigné quatre romans. Selon Allaoua Rabehi, cette décision s’explique par l’absence de consensus parmi les membres pour limiter la sélection à seulement trois œuvres.
Pour mémoire, le prix Berbère Télévision du roman amazigh a été décerné pour la première fois en 2025 à l’écrivain Rachid Tighilt pour son roman Tawkilt tamchumt, publié aux éditions Imtidad.
Amina S.