Avec 83 milliards de dollars cumulés entre ses réserves de change et son stock d’or, l’Algérie s’impose comme un acteur financier redoutable au premier semestre 2026.
Le dernier classement du cabinet Global Firepower vient chambouler les hiérarchies établies au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, plaçant Alger au cinquième rang régional, mais surtout en position de force inattendue face à des économies pourtant réputées plus florissantes.
Dans le détail, l’Arabie saoudite conserve logiquement la tête du classement avec 463,8 milliards de dollars, suivie des Émirats arabes unis et de leurs 237,9 milliards. L’Irak complète le podium avec 100,6 milliards, tandis que la Libye, juste derrière, affiche 92,8 milliards.
C’est dans ce peloton de tête que l’Algérie fait son entrée fracassante avec 83 milliards, devançant ainsi des poids lourds comme le Qatar (53,9 milliards), le Koweït (50,7 milliards), l’Égypte (44,9 milliards) et le Maroc (37,1 milliards). Mais ce qui frappe véritablement les analystes, ce n’est pas seulement le volume des réserves algériennes, c’est leur nature.
Contrairement à la plupart de ses concurrents régionaux, l’Algérie n’a contracté aucun emprunt extérieur depuis 2023.
Son ratio dette extérieure sur produit intérieur brut est strictement nul, une situation exceptionnelle dans la région que le Fonds monétaire international a saluée dans ses rapports de 2024 et 2025. Ces 83 milliards constituent donc des actifs nets, sans aucune contrepartie d’endettement, offrant au pays un bouclier macroéconomique total face aux aléas internationaux.
Ce trésor de guerre repose sur un dosage stratégique entre devises étrangères et métal précieux.
Global Firepower a calculé ces réserves en intégrant la valeur de l’or physique détenu par la Banque d’Algérie sur la base d’un cours de 2 450 dollars l’once.
Si le rapport ne précise pas la répartition exacte entre lingots et liquidités, cette part d’or constitue un atout majeur dans un contexte géopolitique instable, protégeant le pays des violentes fluctuations des monnaies fiduciaires.
L’Algérie a ainsi transformé sa prudence financière en véritable puissance de frappe économique, redessinant silencieusement mais sûrement la carte des influences dans la région MENA .
S. G.
Région MENA: L’Algérie, nouvelle puissance financière incontestée

