L’Union arabe du fer et de l’acier (UAFA) vient de consacrer la profonde mutation du paysage industriel régional en hissant l’Algérie au troisième rang du monde arabe en termes de capacité opérationnelle. Avec un potentiel de production globale de 8,7 millions de tonnes par an, le pays s’impose désormais comme un acteur incontournable de l’industrie lourde.
Il se positionne directement derrière l’Égypte, leader avec 15,6 millions de tonnes, et l’Arabie saoudite qui en comptabilise 12 millions.
Cette trajectoire ascendante s’est traduite sur le terrain par une année 2025 exceptionnelle : la production réelle algérienne a enregistré un bond spectaculaire de 17,9%, atteignant 5,33 millions de tonnes, dans un marché arabe globalement dynamique (+7,2% avec 43,7 millions de tonnes).
Cette montée en puissance repose sur une infrastructure moderne portée par un trio de grands complexes industriels qui constituent l’épine dorsale du secteur. À Oran, le complexe de Tosyali Algeria (Bethioua) s’impose comme une locomotive avec une capacité de 3 millions de tonnes de rond à béton et de fil de machine, consolidée par le lancement d’un mégaprojet de réduction directe du fer de 2,5 millions de tonnes supplémentaires pour réduire la facture des importations.
Dans la wilaya de Jijel, le complexe algéro-qatari Bellara produit actuellement 2,5 millions de tonnes d’acier liquide et de produits laminés longs, avec des plans d’expansion ambitieux visant à doubler cette capacité pour en faire l’une des plus grandes usines intégrées d’Afrique.
Enfin, à Annaba, le fleuron historique Sider El Hadjar bénéficie d’un plan de modernisation majeur, avec une capacité d’un million de tonnes, sa reconversion vers les fours à arc électrique et la coulée continue marque la fin de l’ère des hauts fourneaux traditionnels polluants. Ce système est complété par plusieurs usines privées de laminage réparties sur le territoire.
Au-delà des volumes, le véritable avantage concurrentiel de l’Algérie réside dans son choix technologique exclusif : le recours à 100% aux fours à arc électrique (FAE). Alors que 66% de la production mondiale dépend encore de convertisseurs à oxygène hautement émetteurs, l’Algérie se positionne comme un pionnier de «l’acier vert».
Cet atout environnemental s’avère hautement stratégique face au Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) de l’Union européenne qui s’applique dès 2026.
Grâce à cette production propre, les exportations algériennes pénètrent avec facilité les marchés européens, d’Afrique du Nord et de l’Ouest, portées par des coûts logistiques avantageux et une énergie locale à prix très compétitif.
Cette dynamique s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale de diversification hors hydrocarbures.
Devenue exportatrice nette, l’industrie sidérurgique génère déjà près d’un milliard de dollars de recettes annuelles pour plus d’un million de tonnes exportées. Face à la volatilité récente des cours mondiaux en mai 2026 marqués par le repli du minerai de fer à 106 dollars et de la ferraille à 410 dollars, l’Algérie sécurise sa chaîne de valeur.
Les projets intégrés de fer réduit à Tosyali et Bellara permettront d’alléger la facture d’importation des intrants de 1,5 milliard de dollars par an et d’exporter le surplus de fer spongieux.
À terme, l’exploitation de la mine géante de Gara Djebilet (Tindouf) garantira l’autonomie totale en matières premières, immunisant définitivement le pays contre les fluctuations internationales .
Samira G.
industrie sidérurgique: L’Algérie se hisse au troisième rang du monde arabe du fer et de l’acier

