Territoires palestiniens: L’ONU dénonce des tueries quasi quotidiennes à Ghaza

Malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu en octobre 2025, les violences se poursuivent dans la bande de Ghaza, tandis qu’en Cisjordanie occupée, les déplacements forcés de population ont atteint un niveau «jamais vu depuis des décennies», a alerté un haut responsable du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme.
«Les tueries et la destruction des infrastructures se poursuivent presque quotidiennement, et la situation humanitaire demeure désastreuse», a déclaré lundi dernier à Genève Ajith Sunghay, chef du bureau du HCDH dans le territoire palestinien occupé, lors de la présentation du dernier rapport de l’agence.
Le rapport documente des violations massives du droit international, y compris des atrocités, et évoque des crimes de guerre ainsi que de possibles crimes contre l’humanité commis à Ghaza. M. Sunghay a souligné que l’entité israélienne «a déclenché une violence dévastatrice et une dépossession», ajoutant que l’ensemble de sa conduite à Ghaza soulève de «graves préoccupations» quant au respect de son obligation de prévenir les actes relevant de la Convention sur le génocide.
«Les Palestiniens n’ont aucun moyen d’assurer leur survie ou de protéger leurs proches, alors que des centaines de personnes ont été tuées depuis l’annonce du cessez-le-feu», a déploré le responsable onusien.
Il a également dénoncé le blocus imposé à Ghaza, affirmant qu’il «a entraîné une famine et des conditions de faim généralisée», causant la mort de centaines de personnes. «Toute utilisation de la faim comme méthode de guerre contre des civils constitue un crime de guerre», a-t-il insisté.
Concernant la Cisjordanie occupée, M. Sunghay a indiqué que le rythme des déplacements forcés y est «sans précédent depuis des décennies», qualifiant l’expansion des colonies de «sans précédent».
Depuis les attaques du 7 octobre 2023, 1 096 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie, dont environ 20% d’enfants.
L’expansion des colonies a augmenté de 80%, avec 102 nouvelles colonies venant s’ajouter aux 127 existantes. Par ailleurs, 33 000 Palestiniens déplacés l’an dernier des camps de réfugiés de Jénine, Tulkarem et Nour Shams ne peuvent toujours pas rentrer chez eux.
Le document fait également état de torture et de mauvais traitements infligés à des détenus palestiniens, y compris des violences sexuelles. «La plupart des horreurs documentées ici sont restées impunies, sans aucune perspective de justice pour les victimes», a conclu M. Sunghay.
M. M.