Alors que Dermanin est attendu aujourd’hui à Alger: Sayoud annoncé à Paris dans les prochains jours

La tendance se confirme : les relations entre l’Algérie et la France se dirigent vers un retour à la normal à la faveur de l’échange des visites entre les deux pays qui renouent ainsi avec la situation d’avant la crise.
En effet, alors que le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, est attendu aujourd’hui même à Alger, pour relancer la coopération judiciaire, le ministre de l’Intérieur algérien, Saïd Sayoud, doit effectuer une visite officielle dans les prochains jours à Paris.
C’est le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nunez, qui a fait cette annonce, confirmant ainsi le réchauffement des relations entre Alger et Paris. «Je vais accueillir mon homologue algérien ici dans quelques jours. C’est un signal très positif. Une coopération sécuritaire se réinstaure progressivement», a annoncé le successeur de Bruno Retailleau à Place Beauvau, dans un entretien avec un média français, sans toutefois préciser la date du déplacement.
La visite de M. Sayoud en France fait suite à celle effectuée par son homologue en Algérie, mi-février dernier.
Le ministre de l’Intérieur français a expliqué dans la même interview qu’il y a, avec son homologue algérien, «un travail d’échange d’informations à réengager sur les trafiquants de stupéfiants, et la collaboration se fait dans les deux sens».
Interrogé sur le «rapport de force» avec l’Algérie, prôné par son prédécesseur, il a répondu sans détour : «Sur la partie sécuritaire et migratoire, nous sommes obligés de discuter avec l’Algérie». «C’est un grand pays, qui a un certain savoir-faire en matière de renseignements et de sécurité. Avoir des échanges avec lui est nécessaire», a-t-il insisté.
Laurent Nunez n’est pas de ceux qui ignore la dimension humaine dans les relations entre les deux pays.
Rappelant l’existence de «plusieurs millions de personnes de part et d’autre de la Méditerranée qui sont concernées par la relation franco-algérienne et la vivent très directement», il s’interroge «Quel est l’intérêt d’avoir un bras de fer dans ces conditions ?». à ses yeux, «ceux qui ne cherchent qu’à braquer l’Algérie ne pensent pas aux intérêts de la France, mais à leurs intérêts électoraux et des calculs politiques à court terme», allusion aux acteurs de l’extrême droite qui ont alimenté la crise et ne souhaitent pas son dénouement.
En tout cas, la visite de Sayoud en France confirme la tendance au dégel des relations entre Alger et Paris, qui ont connu de longs mois d’extrêmes tensions.
Fateh H.