L’USM Alger a écrit une nouvelle page d’histoire du football continental, samedi soir au Stade olympique du Caire. Menée à l’aller (1-0) une semaine plus tôt à Alger, les Rouge et Noir ont renversé le Zamalek d’Égypte à l’issue d’une séance de tirs au but d’une intensité rare (8-7), décrochant ainsi leur deuxième Coupe de la Confédération africaine après celle glanée en 2023. Pourtant, tout avait mal commencé pour les Algérois. Dès la 5e minute de jeu, les Égyptiens obtenaient un pénalty transformé par l’international palestinien Oday Debbagh. Menés au score et dos au mur, les coéquipiers d’Oussama Benbot auraient pu sombrer. Mais cette équipe, portée par un mental d’acier, n’a jamais perdu le fil. Bien organisée tactiquement, rigoureuse défensivement et dangereuse offensivement, l’USMA a fait mieux que résister : elle a dominé son sujet. Ahmed Khaldi, intenable, a multiplié les occasions aux 24e, 43e, 54e et 68e minutes, chacune de ses frappes à l’entrée de la surface faisant trembler le gardien égyptien.
Dehiri, sur coup franc direct à la 20e, a lui aussi frôlé l’égalisation. Mais la réussite a boudé les Rouge et Noir devant le but, et le score en est resté là. 1-0, comme à l’aller. Place aux tirs au but.
Vingt-trois ans après, Lamine N’Diaye exorcise ses démons et entre dans l’histoire
Dans ce face-à-face vertigineux, les deux équipes ont fait preuve d’une adresse remarquable.
Côté usmiste, Draoui, Khaldi, Radouani, Benayad, Locif, Chetti, Dehiri et Likonza ont tous transformé leur penalty avec un sang-froid impressionnant.
Chacun d’eux a su maîtriser sa respiration, tromper le gardien adverse et garder les nerfs solides dans ce qui est l’exercice le plus cruel du football.
Côté égyptien, Abdallah Saïd, Esho, Hossam Abdelmajeed, Nacer Mensi, Seif-Eddine El Djaziri, Juan Alvina Bezerra et Mohamed Abdallah El Saïd ont réussi à tromper Oussama Benbot.
Mais au bout du suspense, c’est le capitaine du Zamalek, Mohamed Shehata, qui a craqué, envoyant sa tentative dans les gradins. Délivrance pour l’USMA. Ce sacre a une saveur particulière pour l’entraîneur sénégalais Lamine N’Diaye. En 2003, avec Coton Sport de Garoua, il avait perdu la finale de la Coupe de la CAF face au Raja Casablanca (0-2, 0-0). Un échec resté vingt-trois ans dans sa mémoire. Cette fois, dans un scénario tout aussi tendu, l’histoire a basculé de son côté. Avec ce titre, le technicien sénégalais, déjà sacré en Ligue des champions avec le TP Mazembe (2010) et vainqueur de la Supercoupe d’Afrique (2011), confirme son statut d’entraîneur majeur du continent. Sa résilience et son expérience ont été des atouts précieux tout au long du parcours victorieux des Rouge et Noir.
Au-delà du trophée, l’USMA s’offre une place en Super Coupe de la CAF 2026, où elle défiera le vainqueur de la finale de la Ligue des champions entre Mamelodi Sundowns et l’AS FAR. Une nouvelle opportunité pour les Algérois d’ajouter une ligne supplémentaire à un palmarès déjà bien fourni.
Le club empoche également la prime record de 4 millions de dollars mise en place par la Confédération africaine de football, une récompense à la hauteur de l’exploit accompli.
Dans les rues d’Alger et à travers tout le pays, des scènes de liesse ont éclaté.
Des cortèges de supporters, drapeaux algériens au vent, des klaxons à n’en plus finir et des chants repris en chœur ont accompagné cette nuit de bonheur pur. Les artères de la capitale se sont transformées en un gigantesque terrain de fête, où jeunes et moins jeunes ont célébré ensemble cette victoire historique.
Parce que lorsque l’USMA triomphe sur la scène africaine, c’est toute l’Algérie qui célèbre.
Ce sacre restera gravé longtemps dans les mémoires comme la preuve que le football algérien, porté par des clubs audacieux et des joueurs courageux, a définitivement sa place parmi l’élite du continent.
Hakim A.

