Benjamin Stora à «Le Vent Se Lève»: «Le colonialisme, une blessure toujours ouverte que Paris refuse de refermer»

L’historien français Benjamin Stora, spécialiste de la colonisation algérienne, a livré une analyse sans détour sur les relations algéro-françaises à la plateforme française «Le Vent Se Lève».
Selon lui, les crises diplomatiques récurrentes entre les deux pays s’expliquent par le poids du passé colonial et l’absence d’une reconnaissance française suffisante.
Il estime que les Algériens ne peuvent pas simplement «tourner la page» tant que les blessures historiques n’ont pas été pleinement reconnues.
Stora critique vivement les discours politiques français qui traitent la colonisation comme un «dossier du passé» ou refusent d’assumer les violences commises.
De telles attitudes, dit-il, attisent les tensions et aggravent les malentendus. Il salue en revanche le travail de la commission mixte d’historiens algéro-française, qu’il a coprésidée, pour l’inventaire et la numérisation des archives coloniales, ainsi que pour la restitution des biens historiques algériens, comme les objets personnels de l’émir Abdelkader. Né à Constantine, Stora rappelle que l’Algérie était considérée comme une partie intégrante de la France, une spécificité qui explique pourquoi les relations restent si sensibles, plus de soixante ans après l’indépendance. La balle est dans le camp français : l’Algérie ne demande rien d’autre qu’une reconnaissance claire pour avancer.
L. L.-E.