Algérie-France: La commission mixte d’historiens reprend son travail

Les relations entre l’Algérie et la France reprennent, peu à peu, leur cour normale. Cette fois-ci, l’annonce concerne la reprise du travail de la commission mixte d’historiens, mise en place par les deux Présidents, afin d’avancer ensemble dans le dossier de la mémoire.
Suspendue depuis de longs mois à cause de la crise diplomatique entre les deux pays, cette commission doit relancer ses travaux sans délai.
«Nous avons discuté aussi de la commission mixte d’histoire et de mémoire qui avait été mise en place, et le Président Tebboune a marqué son accord pour reprendre, sans délai, le travail de cette commission»,
a déclaré la ministre déléguée auprès de la ministre française des Armées et des Anciens combattants, Alice Rufo, à l’issue de l’audience que lui a accordée le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, auquel elle a remis une lettre de son homologue français.
Elle a ajouté que le Président Macron entend «regarder notre histoire avec lucidité, courage et vérité».
Le dossier de l’histoire et de la mémoire a toujours été au centre des tensions entre Alger et Paris.
La commission avait été mise en place dans un esprit de réconciliation. Mais son travail a été bloqué à plusieurs reprises en raison des escalades diplomatique alimentée en France.
La reprise annoncée de son travail pourrait constituer une occasion pour avancer dans la bonne direction.
Pour Alice Rufo, les entretiens qu’elle a eus avec le président de la République ont été constructifs et ont fait suite à la visite effectuée, à la demande du Président Macron, samedi dernier à Sétif, pour commémorer, aux côtés de l’Algérie, les évènements tragiques qui se sont produits le 8 mai 1945.
Concernant la relation entre les deux pays d’état à état, elle a rapporté la détermination du Président Macron «à trouver ensemble les voies et moyens de réengager entre nos deux pays une relation respectueuse, d’égal à égal, apaisée et confiante».
Elle a indiqué avoir évoqué avec le président de la République les relations bilatérales «dans le contexte de tensions internationales, à la fois au Moyen-Orient, dans le Détroit d’Ormuz, mais aussi au Sahel, avec la crise mondiale de l’énergie et tous les enjeux dans la région méditerranéenne», affirmant la nécessité d’un dialogue «construit et nourri». «Notre objectif est d’obtenir rapidement des résultats. Nous avons donc discuté de pistes concrètes pour que les mois à venir soient utiles aux intérêts et aux relations entre l’Algérie et la France», a-t-elle dit.
Il s’agit, a-t-elle poursuivi, de la coopération de sécurité et de défense que «j’ai longuement évoquée, ce matin, avec le Général d’Armée Saïd Chanegriha (ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, Chef d’état-major de l’Armée nationale populaire) qui est «très importante dans un contexte africain et international marqué par une déstabilisation». «Nous avons aussi évoqué la coopération dans le domaine migratoire», a-t-elle relevé, affirmant que «la France se félicite de la reprise de cette coopération après la visite du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, en Algérie». «Nous avons également évoqué les moyens d’intensifier cette coopération, notamment dans le domaine judiciaire et de la lutte contre le narcotrafic» qui constituent un volet «très important pour nos deux pays», a-t-elle mentionné.
Fateh H.