L’ambassadeur cubain à Alger: «La communauté internationale doit condamner sans équivoque notre étouffement»

Devant un parterre de diplomates et de journalistes réunis hier mercredi à l’ambassade de Cuba à Alger, Hector Igarza, représentant de La Havane, a dénoncé avec une détermination farouche les effets dévastateurs du blocus énergétique imposé par les États-Unis.
Selon le diplomate, les décrets signés par Donald Trump les 29 janvier et 1er mai derniers ne relèvent pas d’un simple différend commercial. En étendant les sanctions à des compagnies maritimes et assureurs de pays tiers, Washington impose une extraterritorialité illégale visant à asphyxier l’île.
Pour Cuba, nation insulaire, la sécurité des approvisionnements maritimes est une question de survie. L’objectif assumé : provoquer un effondrement systémique et un mécontentement social propre à renverser le gouvernement cubain. Mais l’urgence absolue se situe sur le plan humain. Les coupures d’électricité et les pénuries de carburant ont des conséquences sanitaires dramatiques. Plus de 96 000 patients attendent une intervention chirurgicale, dont plus de 11 000 enfants. Des dizaines de milliers de femmes enceintes voient leur suivi médical compromis.
Les campagnes de vaccination sont perturbées, non par manque de vaccins, mais par défaut de logistique énergétique.
Les patients sous radiothérapie ou hémodialyse voient leur vie directement menacée par les délestages. Derrière ces chiffres, a insisté l’ambassadeur, se cache une politique de punition collective, contraire au droit international et à l’humanité.
Interrogé sur d’éventuels soutiens extérieurs, Hector Igarza a répondu sans ambages : «Cuba compte sur elle-même.» Face aux menaces militaires américaines, il a lancé un avertement clair : «Quels que soient les scénarios prévus par M. Trump, s’il opte pour l’agression militaire, son armée subira le même sort que les mercenaires de la baie des Cochons.» Le diplomate a enfin appelé tous les États du monde à résister aux injonctions unilatérales américaines et à défendre leur droit souverain à commercer avec Cuba. Son message depuis Alger est limpide : Cuba ne cédera ni à la pression, ni à l’intimidation, ni au chantage humanitaire. La voix cubaine résonne comme un appel à la justice, à la solidarité entre les peuples et au respect du droit international .
M. M.