La situation sécuritaire s’est fortement dégradée ces derniers jours au Mali, après les attaques coordonnées entre le Front de libération de l’Azawad et des groupes terroristes. La junte au pouvoir, affaiblie, risque de tomber à tout moment. Pourquoi le Mali en est-il arrivé là ?
L’ancien diplomate Abdelaziz Rahabi répond à cette question, en expliquant que l’absence d’une alternative aux Accords d’Alger aggrave la crise dans le pays.
Soulignant que le Mali est confronté à une vague d’actions terroristes qui ne peuvent être ni justifiées ni légitimées car la violence ne peut être le moyen exclusif de revendication, l’ancien diplomate soutient qu’il reste que l’absence de dialogue inclusif est en grande partie responsable de la persistance de l’impasse politique interne actuelle.
«La dénonciation en 2024 par le gouvernent malien actuel des Accords d’Alger de 2015 a acté la rupture de Bamako avec le Nord du Mali et a rompu un processus laborieux de réconciliation seul garant de la paix dans ce pays voisin mais sans proposer d’alternatives consensuelles», a-t-il indiqué.
Ces Accords, négociés à Alger à la demande insistante du président malien IBK (Ibrahim Boubacar Keita) et soutenus par, l’Union Africaine, les USA et l’Union européenne réduiraient, selon les autorités maliennes actuelles, la présence de l’état au Nord de leur pays et fragiliseraient le pouvoir central.
L’Algérie leur avait proposé d’en rediscuter certaines dispositions mais de conserver l’esprit qui avait permis de mettre fin à 7 ans de guerre et de ramener la paix dans un pays frontalier dont les dirigeants actuels ont a choisi de s’inscrire dans des dynamiques hostiles à l’Algérie, à sa sécurité et à ses intérêts diplomatiques. Cette crise a conduit également, rappelle M. Rahabi, à la multiplication d’intervenants étrangers à nos frontières avec le Sahel et a transformé la région en un espace de confrontation entre les grandes puissances.
Ces ingérences consenties rendent le règlement des crises encore plus complexe à l’image de la situation en Libye où l’Algérie et la Tunisie voisins directs ont été marginalisés dans la recherche d’un règlement à la crise au profit d’une douzaine d’autres acteurs.
Des pays riverains de zones de conflits ont historiquement subi des effets collatéraux nombreux et multiformes de ces conflits sans avoir une quelque responsabilité dans leur déclenchement.
Le diplomate estime que l’Algérie a un droit, le droit de vigilance sur les arrangements sécuritaires régionaux qui se mettent en place autour d’elle et souvent contre elle.
«L’autonomie de sa décision qui constitue le socle de sa doctrine en matière de diplomatie et de défense nationale devrait la qualifier à prendre part à toute initiative à ses frontières dans la forme qui correspond le mieux à ses intérêts en Afrique», a-t-il affirmé.
Fateh H.
En l’absence d’alternative aux Accords d’Alger:Le Mali risque de s’effondrer

