Baril à 110 dollars: Le détroit d’Ormuz met l’économie mondiale au bord du gouffre

Les prix du pétrole s’emballent. Ce mardi, le baril de Brent a franchi allègrement la barre des 110 dollars, poursuivant une hausse ininterrompue depuis sept séances consécutives.
En matinée, le baril de la mer du Nord pour livraison en juin grimpait de 2,53% à 110,97 dollars, tandis que son homologue américain, le West Texas Intermediate, bondissait de près de 3% pour
s’approcher des 100 dollars. Derrière ces chiffres, une crise géopolitique d’une gravité rare.
Le détroit d’Ormuz, artère énergétique vitale par laquelle transite entre 20 et 40% du pétrole mondial, est quasiment fermé. Les pétroliers rebroussent chemin ou modifient leurs routes, semant le chaos dans les chaînes d’approvisionnement. Les craintes d’une perturbation majeure des livraisons en provenance du
Moyen-Orient n’ont jamais été aussi vives.
L’escalade militaire entre les États-Unis et l’Iran, déclenchée fin février, n’a cessé de s’intensifier. Frappes américaines et israéliennes contre des cibles iraniennes, représailles de Téhéran sur plusieurs fronts.
Une trêve éphémère obtenue début avril sous médiation pakistanaise a volé en éclats,
Dans l’impasse diplomatique, Washington rejette la dernière proposition iranienne qui conditionnait la réouverture du détroit à un cessez-le-feu et à un report des discussions sur le nucléaire. La Maison-Blanche examine encore le dossier, mais aucune avancée officielle n’est en vue.
Les analystes sont sans équivoque : si la paralysie d’Ormuz se prolonge, une crise d’approvisionnement sévère s’annonce.
Les prix de l’énergie flamberaient, alimentant l’inflation mondiale et frappant de plein fouet les pays importateurs de pétrole. Autant dire que le monde entier retient son souffle, les yeux rivés sur ce détroit devenu poudrière.
Samira A.