Le chaos s’installe au Mali: La réaction officielle d’Alger

Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a réaffirmé la position «claire et constante» de l’Algérie en faveur de l’unité du Mali, de son territoire, de son peuple et de ses institutions.
Face à la détérioration de la situation au Sahel, le chef de la diplomatie algérienne a martelé le rejet catégorique par l’Algérie de toutes les formes de terrorisme, rappelant l’expérience amère de notre
pays face à ce fléau.
Il a également souligné que le renforcement de la cohésion nationale au sein de l’État malien frère constitue le meilleur rempart contre l’extrémisme violent.
Pendant des années, l’Algérie a averti. Le président Tebboune l’a répété à maintes reprises, et le ministre Attaf a porté ce message à ses homologues européens, russes, américains et à tous ceux qui s’intéressent au Mali et au Sahel : le spectre de l’enlisement dans une guerre civile et de l’autodestruction ne serait pas sans conséquences. Les mises en garde ont été ignorées. Aujourd’hui, le pire s’est produit. Le Mali connaît des évolutions graves.
Des opérations militaires coordonnées entre le Front de libération de l’Azawad (dans le nord) et le groupe terroriste dit «Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans» (dans le sud) mettent le pays à feu et à sang. La capitale Bamako a subi fin 2025 un siège stratégique aux lourdes pertes économiques et sociales.
Les forces maliennes ont perdu le contrôle de Kidal, l’un des principaux bastions de l’Azawad.
Le régime du colonel Assimi Goïta, issu d’un coup d’État, s’est montré incapable de lutter efficacement contre les groupes armés. L’Algérie, pays exportateur de paix et de sécurité pour ses voisins, a tendu la main à tous les partis maliens et les a appelés à entamer un dialogue de paix. Mais Goïta a choisi l’arrogance.
Il s’est jeté dans les bras des seigneurs de guerre et a cru que s’allier au «système de l’infâme» le sauverait. Trompé par des promesses mensongères, changer la géographie, obtenir un accès à l’Atlantique, il a même menacé la stabilité de la Mauritanie voisine. Aujourd’hui, il récolte ce qu’il a semé.
En dénonçant unilatéralement l’accord de paix et de réconciliation signé à Alger en 2015, la junte militaire a précipité le Mali dans l’isolement régional et international. Cette décision, dictée par la volonté de justifier le maintien au pouvoir, a suscité l’indignation de nombreuses parties internationales.
Depuis le putsch de mai 2021, Bamako accumule les ruptures : avec la France, avec la CEDEAO (dont elle est sortie), avec le G5 Sahel. Résultat : une double peine, isolement diplomatique et asphyxie économique pour un pays enclavé, sans accès à la mer.
Les mouvements signataires de l’accord d’Alger considèrent qu’il n’y a rien à négocier avec Goïta et sa clique. En annonçant vouloir des «solutions internes», le colonel cherche seulement à rester au pouvoir.
Les observateurs soulignent que l’abandon de l’accord et le recours aux mercenaires de Wagner
(devenus «Corps africain») ouvrent la voie à une destruction complète des bases d’une solution
politique. Toutes les expériences passées l’ont montré : l’option militaire échoue et conduit à des catastrophes sécuritaires, avant que tous ne soient contraints de revenir à la raison… et de frapper à
nouveau à la porte de l’Algérie.
Les combats entre la junte et les groupes azawadis constituent un lourd fardeau sécuritaire pour toute la frontière sud de l’Algérie.
Les risques ne sont pas seulement sécuritaires : ils sont aussi sociaux, économiques, avec l’aggravation de l’immigration irrégulière et des flux de réfugiés, sans oublier la recrudescence des activités des groupes terroristes dans l’ensemble du Sahel .
Fateh H.