Justice et Culture: Un accord pour protéger le patrimoine et favoriser la réinsertion

Les ministères de la Justice et de la Culture et des Arts ont signé, dimanche dernier à Alger, un accord-cadre de coopération visant à renforcer la protection du patrimoine culturel et à développer la formation dans ce domaine stratégique.
La cérémonie de signature s’est tenue au Palais de la culture, en présence de la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, et du secrétaire général du ministère de la Justice, Mohamed Hamadou.
Elle a coïncidé avec l’ouverture du troisième atelier de formation consacré à la protection du patrimoine, organisé dans le cadre du Mois du patrimoine.

Lutte renforcée contre les atteintes au patrimoine
Cet accord prévoit une coopération étroite pour lutter contre les atteintes au patrimoine culturel et le trafic illicite de biens culturels.
Il inclut également des actions de formation au profit des magistrats, des fonctionnaires et du personnel des deux secteurs.
Dans ce contexte, Mme Bendouda a souligné que cette initiative vise à instaurer un cadre institutionnel de coordination et de partenariat, en application des dispositions constitutionnelles garantissant le droit à la culture et la préservation du patrimoine national, matériel et immatériel, au profit des générations futures.
Elle a également mis en avant la dimension sociale de cet accord, précisant qu’il permettra aux détenus ainsi qu’aux acteurs du secteur judiciaire de visiter des institutions culturelles et des sites archéologiques. L’accès aux arts et à la littérature en milieu carcéral, a-t-elle indiqué, constitue un levier essentiel pour favoriser la réinsertion sociale.

Une coopération au service de la mémoire nationale
La ministre a salué, par ailleurs, les efforts des services de sécurité dans la lutte contre les crimes visant les biens culturels, considérant ces actions comme fondamentales pour préserver la mémoire nationale.
De son côté, le ministre de la Justice, Lotfi Boudjemaâ, dans une allocution lue en son nom par Mohamed Hamadou, a estimé que cette initiative reflète l’intérêt accordé à la sauvegarde du riche patrimoine culturel algérien, notamment face aux menaces internationales.
Il a insisté sur l’importance de la formation comme outil clé pour concrétiser cette coopération, tout en mettant en avant la nécessité d’intégrer davantage la culture au sein du système judiciaire. Le ministre a également souligné le rôle central des activités culturelles en milieu pénitentiaire dans la politique de réinsertion des détenus.

Un programme de formation alliant théorie et pratique
La première journée de formation a été marquée par des présentations portant sur la protection juridique du patrimoine dans la législation algérienne, ainsi que sur le rôle des différents corps de sécurité, notamment les garde-côtes, la Gendarmerie nationale, la Sûreté nationale et les douanes.
Le programme se poursuivra avec un volet pratique de cinq jours comprenant des ateliers organisés dans plusieurs institutions muséales d’Alger, ainsi que des visites au Musée national de Cherchell et sur des sites archéologiques à Tipaza.
Cet accord marque ainsi une nouvelle étape dans la mise en place d’un front commun entre les secteurs de la Justice et de la Culture pour la préservation et la valorisation du patrimoine culturel national.
Amina S.