Apeine la polémique autour de la prière de pèlerins juifs à Marrakech était-elle retombée qu’une nouvelle affaire embrase le Maroc.
Cette fois, c’est la destruction de la mosquée Bab Marrakech, située au cœur historique de la médina de Casablanca, qui soulève une vague de colère et d’indignation à travers tout le pays.
Jeudi dernier, des centaines de milliers de Marocains ont exprimé leur stupéfaction en découvrant des vidéos virales montrant l’édifice religieux réduit en gravats par des bulldozers, sans la moindre explication officielle. Un silence assourdissant du Makhzen qui en dit long sur son mépris pour la mémoire collective et les symboles sacrés de la nation.
Cette opération s’inscrit dans une logique plus large de démolitions accélérées de quartiers anciens, souvent réalisées sans relogement des habitants.
Les Casablancais dénoncent une politique délibérée de destruction du patrimoine populaire au profit de projets immobiliers de luxe destinés à une clientèle étrangère.
Le quartier Bab Marrakech, autrefois vivant et multigénérationnel, est voué à disparaître sous les résidences haut de gamme et les centres commerciaux modernes. Une véritable liquidation de l’héritage culturel et religieux du pays.
Pour de nombreux Marocains, ces démolitions ne sont pas anodines. Elles portent une atteinte directe à l’identité nationale, à la mémoire des ancêtres et à la pratique religieuse. Certains y voient même une tentative délibérée de remodeler l’âme du pays sous pression des intérêts économiques et des influences étrangères. Face à ce qui apparaît comme un scandale d’État, les appels se multiplient pour exiger des comptes, stopper les démolitions et préserver ce qu’il reste du patrimoine religieux et culturel marocain. Mais le Makhzen, jusque-là silencieux, semble poursuivre sa feuille de route, quitte à sacrifier l’âme du pays sur l’autel des intérêts financiers. La rue marocaine, elle, commence à gronder.
N. C.
Démolition de la mosquée Bab Marrakech: Le Makhzen accusé de brader l’identité nationale

