Alors que le Liban subit depuis le 2 mars dernier une escalade meurtrière des frappes sionistes, dix pays ont exprimé, dans une déclaration conjointe, leur «vive inquiétude» face à la détérioration catastrophique de la situation humanitaire sur le territoire libanais. Ils appellent à une protection immédiate des travailleurs humanitaires et à la cessation urgente des agressions.
Les pays signataires, dont les noms n’ont pas été immédiatement divulgués – ont fermement rappelé que «les civils et les infrastructures civiles doivent être protégés conformément au droit international».
Ils mettent en garde contre les risques croissants auxquels sont confrontés les personnels humanitaires dans la région, pris pour cibles ou entravés dans leur mission de secours.
«Les attaques qui menacent la sécurité du personnel humanitaire doivent cesser. Le droit international humanitaire doit être respecté par toutes les parties au conflit, en toutes circonstances», insiste la déclaration. Les dix pays condamnent également avec la plus grande fermeté le ciblage délibéré, par l’entité sioniste, du personnel de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL).
«Nous condamnons avec la plus grande fermeté les actions qui ont tué des Casques bleus de l’ONU et accru de manière significative les risques auxquels sont confrontés les personnels humanitaires dans le sud du Liban», écrivent-ils.
Cette condamnation intervient alors que plusieurs soldats de la paix ont été blessés ou tués ces dernières semaines dans des frappes israéliennes visant des zones proches de leurs positions, sans que la communauté internationale n’ait jusqu’ici pris de sanctions concrètes.
Selon le dernier bilan communiqué par le ministère libanais de la Santé, les agressions sionistes menées depuis le 2 mars ont coûté la vie à 2 124 personnes et fait 6 921 blessés, en grande majorité des civils, parmi lesquels des femmes, des enfants et des personnels soignants.
Les infrastructures sanitaires sont également décimées : plusieurs hôpitaux ont été bombardés ou mis hors service, aggravant une crise humanitaire déjà explosive dans un pays fragilisé par des années de crise économique et politique.
Les organisations humanitaires présentes sur le terrain décrivent une situation apocalyptique : plus de
200 000 déplacés internes, des pénuries de carburant, d’électricité et de médicaments, et des milliers de familles vivant dans des abris de fortune sans accès à l’eau potable. Les routes bombardées compliquent l’acheminement de l’aide.
La déclaration conjointe des dix pays appelle à «un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel» ainsi qu’à «un couloir humanitaire sûr et permanent» pour évacuer les blessés et approvisionner les zones assiégées. Malgré ces appels répétés, les frappes sionistes se poursuivent, notamment dans la banlieue sud de Beyrouth, dans la Békaa et au sud du Litani.
La communauté internationale, divisée, peine à imposer un cessez-le-feu. La déclaration des dix pays, bien que symboliquement forte, n’a pour l’instant été suivie d’aucune mesure coercitive.
Malik M.
Liban: L’humanitaire au bord du gouffre, dix pays interpellent le monde

