Commerce extérieur: L’Algérie confirme sa montée en puissance

Les échanges commerciaux entre l’Algérie et la France ont connu un net recul en 2025, mais derrière cette baisse globale se cache une réalité éloquente : l’Algérie consolide sa position de partenaire incontournable, tandis que la France perd du terrain face à une concurrence internationale de plus en plus offensive. Selon les dernières données de la Direction générale du Trésor français, le volume des échanges est passé de 11,1 milliards d’euros en 2024 à 9,4 milliards en 2025, soit une baisse de 14,8%. Un repli largement attribuable à la chute des prix des hydrocarbures sur le marché mondial.

L’Algérie, excédentaire et résiliente
Malgré la contraction des prix du pétrole et du gaz, l’Algérie reste le quatrième fournisseur d’hydrocarbures de la France, avec des volumes stables. Mais la véritable bonne nouvelle vient du secteur hors hydrocarbures : les exportations algériennes non énergétiques vers la France ont bondi de 8,3%, atteignant 532 millions d’euros. Cette progression est portée par la chimie et la pétrochimie (+13,6%), avec des produits phares comme les engrais azotés et les gaz industriels. Une preuve éclatante de la montée en puissance industrielle de l’Algérie et de sa stratégie de diversification économique.

La France perd des parts de marché, l’Algérie diversifie ses partenaires
Côté français, les ventes vers l’Algérie ont chuté de 11,8 %, à 4,2 milliards d’euros.
Les exportations agricoles, autrefois fleuron du commerce bilatéral, sont en forte baisse, notamment sur le segment des céréales.
Par ailleurs, on observe un retrait progressif des PME françaises du marché algérien, tandis que les grands groupes tiennent tant bien que mal leur position.
Pendant ce temps, l’Algérie renforce ses liens avec l’Italie, l’Espagne, la Turquie et la Chine, qui grignotent chaque jour un peu plus les parts détenues historiquement par la France.

Un excédent commercial largement favorable à l’Algérie
Au final, le solde commercial reste massivement en faveur de l’Algérie. Après un excédent de 1,7 milliard de dollars en 2024, la tendance se confirme en 2025. L’Algérie s’impose ainsi comme le deuxième débouché des exportations françaises en Afrique, mais dans un contexte où Paris n’est plus ni le partenaire exclusif ni hégémonique. Une évidence s’impose : l’Algérie avance, se diversifie et choisit désormais ses partenaires avec lucidité et souveraineté.
M. M.