Détroit d’Ormuz: L’heure de vérité a sonné pour l’Iran et les États-Unis

Al’heure où nous bouclons cette édition, personne ne sait si Donald Trump exécutera sa menace
d’«anéantir» la république islamique. Retour sur une crise qui a déjà fait des dizaines de morts et qui pourrait basculer d’un instant à l’autre.
C’est une échéance que le monde entier scrute. Donald Trump a fixé à hier mardi 21 heures, heure de l’Est (3h00 aujourd’hui mercredi à Alger), un ultimatum à l’Iran : rouvrir le détroit d’Ormuz ou faire face à une destruction «totale».
Lundi dernier, le président américain avait prévenu que le pays pourrait être «anéanti en une nuit», ajoutant que cette nuit «pourrait être mardi soir». Mardi matin, il a durci le ton sur son réseau Truth Social: «Une civilisation entière va mourir ce soir, pour ne plus jamais renaître. Je ne veux pas que cela arrive, mais c’est probablement ce qui va se passer.»
Pourtant, quelques heures plus tôt, il avait lui-même reconnu que les négociations avec Téhéran, menées par intermédiaires, «progressaient bien» et que l’Iran était «un participant actif et volontaire». Une contradiction qui laisse planer le doute sur ses véritables intentions.
Tout a commencé le 28 février, lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des frappes massives contre l’Iran. En riposte, Téhéran a fermé le détroit d’Ormuz, voie stratégique par laquelle transite environ 20% du pétrole mondial.
Donald Trump exige désormais sa réouverture immédiate. Il a même évoqué une idée inédite : «Et si nous imposions des péages ? Je préfère faire cela plutôt que de les laisser (aux Iraniens) les avoir.»
De son côté, le Parlement iranien avait approuvé fin mars un projet visant à percevoir des droits de passage. Les positions sont donc irréconciliables sur le papier. L’ultimatum n’est pas qu’une menace verbale. Dans la nuit de lundi à hier mardi, des frappes aériennes américano-israéliennes ont visé la province d’Alborz, au nord de l’Iran. Bilan provisoire selon l’agence officielle IRNA : 18 morts, 24 blessés, dont deux enfants.
Le vice-gouverneur de la province, Qodratollah Seif, a qualifié ces attaques de «lâches», affirmant qu’elles avaient été menées par des chasseurs israéliens avec le soutien direct des États-Unis.
Depuis le 28 février, les frappes ont déjà coûté la vie au guide suprême Ali Khamenei et à plusieurs hauts commandants. L’Iran a répondu par des salves de missiles et de drones contre des bases américaines et israéliennes au Moyen-Orient.
Face à l’ultimatum, Téhéran ne plie pas. Dans un communiqué des Gardiens de la révolution relayé hier mardi par les médias iraniens, l’Iran promet : «Nous priverons les États-Unis et leurs alliés de pétrole pour de longues années. Nous transporterons le théâtre de l’affrontement bien au-delà du Moyen-Orient.»
Une déclaration qui laisse craindre une régionalisation, voire une mondialisation du conflit.
D’ici que notre journal soit imprimé puis lu par nos abonnés mercredi matin, l’histoire aura peut-être basculé. Ou peut-être pas. Car dans ce jeu de poker menteur entre Washington et Téhéran, la seule certitude est que Donald Trump aime surprendre.
Trois issues restent possibles :

  1. Trump recule : comme il l’a déjà fait une fois, il repousse l’échéance. Les négociations reprennent, la tension reste maximale.
  2. Frappes massives : les États-Unis et l’entité sioniste lancent une offensive aérienne et terrestre. L’Iran riposte par missiles et fermeture définitive du détroit.
  3. Escalade mondiale : l’Iran attaque des bases américaines dans le Golfe et au-delà. Le prix du pétrole s’envole, l’économie mondiale vacille.
    Malik M.