Face à la menace récurrente des incendies de forêt, l’Algérie passe à la vitesse supérieure.
Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Yacine El Mahdi Oualid, a dévoilé
un dispositif inédit pour la saison estivale 2026, alliant technologies de pointe et coordination renforcée entre les différents acteurs.
Lors de l’installation de la Commission nationale de protection des forêts pour l’année 2026, qui s’est tenue au siège de la Direction générale des forêts à Ben Aknoun, le ministre a annoncé le déploiement de 140 drones sur l’ensemble du territoire. Ces appareils sans pilote constitueront un maillon essentiel du dispositif de surveillance, permettant une détection précoce des départs de feu et une intervention plus rapide des secours. Cette flotte de drones sera épaulée par les images satellites fournies par l’Agence spatiale algérienne, offrant ainsi une couverture complète et en temps réel des massifs forestiers les plus vulnérables. Une synergie technologique qui vise à anticiper la propagation des flammes plutôt que de subir leur violence.
Le ministre a dressé un constat sans appel : les changements climatiques observés ces dernières années placent l’Algérie en première ligne.
Les vagues de chaleur successives, avec des températures dépassant parfois les 45 degrés Celsius dans certaines régions, conjuguées à une chute drastique de l’humidité, transforment le couvert végétal en un véritable combustible prêt à s’embraser au moindre incident.
Le stress hydrique que subissent les plantes accélère leur dessèchement et rend les forêts particulièrement vulnérables. Une équation dangereuse que les autorités entendent désormais maîtriser grâce à une approche résolument proactive.
L’évolution des incendies en Algérie durant les deux dernières décennies illustre l’ampleur du défi.
La décennie écoulée a enregistré une moyenne annuelle de 40 000 hectares de surfaces brûlées, avec des variations considérables selon les conditions climatiques et la sévérité des canicules.
Pourtant, l’adoption d’une nouvelle stratégie fondée sur une approche participative et anticipative a commencé à porter ses fruits.
Les années 2024 et 2025 ont marqué un tournant décisif avec une baisse spectaculaire de près de 90% des surfaces touchées par rapport à la moyenne de la décennie précédente.
En 2025, seulement 5 289 hectares sont partis en fumée, dont 932 hectares hors du dispositif de prévention. Une performance qui valide la pertinence des choix opérés par les pouvoirs publics.
Anais G.
Feux de forêt:140 drones et une stratégie renforcée pour l’été 2026

