Education : Un projet de décret exécutif examiné par le gouvernement

Cest la fin de l’anarchie pour les écoles privées. 20 ans après l’autorisation de l’enseignement privé en Algérie, l’heure est désormais à la réorganisation avec plus de contrôle et de respect des exigences que devra imposer la prochaine loi.
En effet, le Gouvernement a examiné, hier lors de sa réunion hebdomadaire, un projet de décret exécutif fixant les conditions et les procédures d’agrément des établissements d’éducation et d’enseignement privés ainsi que leur fonctionnement et leur contrôle.
Le projet vise à remédier aux dysfonctionnements et aux lacunes constatées sur le terrain, comme il comprend un nouveau cahier des charges fixant les obligations administratives, techniques et pédagogiques des écoles privées.
Dans un communiqué, les services du Premier ministre, expliquent que l’agrément des établissements d’éducation et d’enseignement privés sera soumis aux exigences de la cartographie scolaire, en plus de l’obligation de dispenser un enseignement conforme aux programmes et aux manuels nationaux et dans le respect des constantes nationales.
Il faut dire que très souvent, les parents d’élèves sont confrontés au dilemme d’envoyer leurs enfants au privé au dépend de l’école publique, au regard du flou qui entoure leur fonctionnement et le manque de contrôle des programmes, surtout concernant les principes et les spécificités de la société algérienne.
On en a vu des enfants sortis d’écoles privées qui ne maîtrisent que le français et ne parlent que de culture française par exemple, et bien d’autres anomalies encore.
Autorisé à ouvrir entre 2004 et 2005 sur la base d’un cahier des charges spécifique l’obligeant notamment à appliquer le programme agréé par le ministère de l’éducation nationale, ces établissements n’ont pas tenu leurs engagements.
C’est qu’en 2022 que le gouvernement a décidé de les faire passer à la loupe d’ailleurs, ce qui a permis de constater que certains ne respectaient pas les conditions stipulées, profitant du manque du contrôle.
Décision prise : l’octroi des agréments a été suspendu et une commission multisectorielle pour étudier la situation et élaborer un nouveau cahier des charges adapté aux évolutions, avait été créée. Le travail de cette dernière est donc prêt.
Intervenu en décembre dernier lors d’une séance plénière au Conseil de la nation, consacrée aux questions orales adressées à des membres du Gouvernement, le ministre de l’éducation nationale, Mohamed Seghir Sadaoui, a annoncé que son secteur reprendra l’octroi des agréments aux écoles privées dès la publication du nouveau cahier des charges.
Le ministère veut orienter ces établissements vers de nouvelles spécialités, suivant les orientations du Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, «en adéquation avec les efforts de l’état pour introduire de nouvelles spécialités scientifiques, telles que l’informatique, la cybersécurité, les nanosciences et l’intelligence artificielle».
Pour rappel, le nombre d’établissements d’enseignement privés s’élève à 628 répartis sur 38 wilayas du pays actuellement .
Farid B.