Après la ferme position de Tebboune sur la situation des OQTF: Paris soigne son langage

Les propos fermes du Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, sur la question des OQTF, semblent avoir donné à réfléchir au gouvernement français qui commence à adopter un discours plus juste. «Les OQTF, c’est un problème pour les pays d’accueil», avait déclaré le chef de l’état lors de sa dernière entrevue avec les médias, rappelant qu’Alger avait refusé à Paris des jeunes sous OQTF que l’ancien ministre, en l’occurrence Bruno Retailleau, se permettait «de prendre pour les mettre dans des avions et les envoyer vers l’Algérie». Ces personnes expulsées «ont des droits», avait tranché le Président Tebboune. Ce qui, parait-il, a été reçu 5/5 par le gouvernement français qui, par la voix de son ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, corrige son langage.
Le locataire de Place Beauvau, interrogé lundi dernier, sur un plateau d’une chaîne de télévision, sur la reprise par Paris, des expulsions, a déclaré que ce n’était «pas pour l’instant» le cas.
Tout en se félicitant de «la reprise des échanges sécuritaires entre les deux pays», le ministre français garde espoir que l’autre question des OQTF, puisse, elle aussi trouver son issue, mais pas par la force ni par les menaces. «On y arrivera», affirme-t-il, expliquant que beaucoup de ressortissants algériens se trouvaient dans les centres de rétention administratifs actuellement.
«C’est pour ça qu’il faut qu’il y ait une évolution de la situation», a ajouté Nuñez qui veut se rendre en Algérie dans les brefs délais pour rencontrer son homologue Saïd Sayoud. «Cette visite est en cours de préparation (…) J’ai toujours une invitation en cours de mon homologue», a-t-il assuré, avant d’enchaîner : «Bien sûr, j’y répondrais, on travaille aux conditions de cette visite.» Ainsi, en moins de 72 heures,la France ayant saisi les messages du Président Abdelmadjid Tebboune, a soigné son langage et opté plus pour la négociation, loin de la confrontation qui n’apporte rien. Un conseil que Ségolène Royale, reçue par le chef de l’état, avait d’ailleurs lancé aux autorités françaises. Cette succession donc d’évènements et de propos de part et d’autre relancent désormais le débat sur l’avenir des relations algéro-françaises qui pourraient bien se réchauffer avec une venue de Laurent Nuñez à Alger. Cette visite apparait comme le moyen idéal pour débloquer la situation et briser la glace entre Alger et Paris.
Les services des deux ministères sont à pied d’œuvre pour la préparer et l’annonce de sa date est plus qu’attendue dans les milieux médiatiques, politiques au-delà encore, par l’opinion publique algérienne et française .
Farid B.