L’Algérie face aux ingérences émiraties: Une rupture en gestation

En l’espace de quelques heures, Alger a envoyé deux signaux forts à Abou Dhabi : la suspension de l’accord de transport aérien, qui ferme le ciel algérien aux compagnies émiraties, suivie de déclarations tranchantes du président Abdelmadjid Tebboune lors de son entretien avec la presse nationale.
Sans citer directement l’État concerné, le chef de l’État a dénoncé une «petite puissance» qui s’ingère dans les affaires internes de l’Algérie et tente de semer la discorde. Ces propos, ajoutés aux mesures concrètes déjà prises, traduisent une exaspération profonde face aux manœuvres répétées des Émirats arabes unis dans plusieurs dossiers sensibles. L’Algérie reproche à Abou Dhabi son implication dans les transitions politiques de pays voisins, son soutien à des factions au détriment de l’unité nationale, ainsi que ses tentatives de fragiliser la cohésion interne en soufflant sur les braises de divisions régionales.
Le ressentiment algérien s’est accentué au fil des années, notamment après le refus d’Alger de rejoindre les projets de normalisation menés par les Émirats, et face à leur rôle dans des crises comme celles du Sahel, de la Libye ou du Soudan. L’épisode du veto émirati contre la nomination de l’ancien ministre des Affaires étrangères Sabri Boukadoum comme envoyé spécial de l’ONU en Libye illustre cette confrontation diplomatique. Aujourd’hui, la tension atteint un seuil critique.
Les avertissements répétés de l’Algérie laissent entrevoir une rupture imminente des relations diplomatiques, mettant fin à une fraternité arabe souvent invoquée mais désormais vidée de son sens.
Dans ce bras de fer, Alger affirme sa souveraineté et sa volonté de protéger son espace vital contre toute tentative d’ingérence, fidèle à sa tradition de défense des causes justes et de rejet des pressions extérieures.
Malik M