Urgence absolue à Ghaza: Le cessez-le-feu n’a pas tenu ses promesses

Le Bureau gouvernemental de l’information de Ghaza a publié vendredi sdernier un rapport détaillé faisant état de violations graves et systématiques de l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre 2025. Selon le communiqué, la situation sur le terrain reste extrêmement tendue et l’accord humanitaire annexé au cessez-le-feu n’est pas respecté.

Des violations répétées et meurtrières
Au cours des 90 jours écoulés, les autorités compétentes ont recensé 1 193 violations. Ces actes incluent 384 tirs directs contre des civils, 66 incursions de véhicules militaires dans des zones résidentielles, 551 bombardements ciblant des habitations et 192 opérations de destruction d’infrastructures civiles.
Ces actions ont causé la mort de 484 personnes et fait 1 206 blessés, en plus de 50 arrestations signalées.
Dès vendredi dernier, l’agence de presse Wafa rapportait de nouveaux bombardements aériens et des tirs d’artillerie dans plusieurs secteurs de la bande de Ghaza, notamment à l’est de Ghaza-ville, à Deir al-Balah, ainsi qu’au nord et à l’ouest de Rafah.

Une crise humanitaire qui s’aggrave
Le Bureau alerte sur une détérioration dramatique des conditions de vie dans l’enclave.
Le blocus limitant l’entrée de l’aide humanitaire n’a été que partiellement levé : sur les 54 000 camions prévus, seulement 23 019 ont été autorisés à entrer, soit un taux de réalisation de 43 %.
Les pénuries de nourriture, de médicaments et d’eau restent critiques.
La situation est particulièrement alarmante pour le carburant, avec seulement 539 camions livrés sur les
4 500 nécessaires – un taux de 11%.
Cette carence paralyse les hôpitaux, les boulangeries et les stations de traitement de l’eau.
Une crise du logement accentuée par l’hiver
L’interdiction d’importer des abris temporaires, des caravanes et des matériaux de construction, conjuguée aux intempéries hivernales, a provoqué l’effondrement de plus de 50 bâtiments déjà endommagés. Plus de 127 000 tentes sont devenues inhabitables, laissant environ 1,5 million de déplacés sans protection adaptée contre le froid, causant de nouveaux décès.

Un appel à la responsabilité internationale
Le Bureau considère que ces violations constituent un contournement extrêmement dangereux de l’esprit du cessez-le-feu et créent une équation humanitaire intenable, fondée sur la pénurie et la pression. Il tient les autorités israéliennes pour «entièrement responsables» de la dégradation continue de la situation et des pertes en vies humaines.
En conclusion, le Bureau lance un appel solennel au président américain Donald Trump, aux parties garantes, aux médiateurs, à la communauté internationale et aux Nations unies pour qu’ils assument leurs responsabilités juridiques et morales. Il les exhorte à œuvrer pour le respect intégral des engagements, la protection des civils et l’acheminement sans entrave de l’aide vitale.
Le conflit à Ghaza, qui a connu une escalade majeure à partir d’octobre 2023, a causé, selon les sources locales, un bilan humain très lourd, avec des dizaines de milliers de victimes, dont une majorité de femmes et d’enfants.
La période du cessez-le-feu devait marquer un arrêt des hostilités et une amélioration humanitaire, objectifs qui, selon le rapport, sont loin d’être atteints.
Malik M.