Dans un élan de solidarité artistique et de mémoire vive, la pièce Palestine Trahie a été présentée avec force, samedi soir à Alger, dans le cadre du 18e Festival national du théâtre professionnel (FNTP).
Plus qu’une simple représentation, cette œuvre constitue un acte théâtral puissant, relatant avec une intensité dramatique la barbarie et la colonisation continues exercées par l’entité sioniste contre le peuple palestinien.
Mise en scène par Ahmed Rezzag et profondément ancrée dans l’héritage littéraire algérien, la pièce puise son essence dans les textes percutants de l’écrivain et dramaturge iconoclaste Kateb Yacine.
En mêlant des extraits de Le Cadavre encerclé et Palestine Trahie, la création offre une vision résolument contemporaine du conflit.
La mise en scène intègre avec audace des chorégraphies expressives, conçues par la poétesse Khadidja Guemiri, qui servent de langage corporel à la douleur, à la révolte et à l’espoir, ajoutant une dimension sensorielle et abstraite au propos.
Produite par le Théâtre régional de Tizi Ouzou et portée par une pléiade de comédiens engagés, la pièce retrace de manière poignante le long martyre palestinien. Elle met en lumière la mécanique implacable de la spoliation : l’expropriation des terres, la destruction des foyers et la négation systématique du droit le plus fondamental, celui de vivre en paix sur sa propre terre.
Mais au cœur de cette oppression, la pièce célèbre avant tout l’incorruptible résistance du peuple palestinien.
Elle dépeint sa révolte comme une force indomptable, puisant une énergie renouvelée dans les luttes libératrices du monde.
Un des moments les plus marquants de la trame voit ainsi la résistance palestinienne se ressourcer explicitement dans l’exemple de la Révolution algérienne. Cette interférence narrative, brutale et symbolique, opère un retour en arrière saisissant vers les massacres du 8 mai 1945 en Algérie, créant un écho historique vertigineux entre les deux luttes.
Ce procédé lie indissociablement le destin des deux peuples, rappelant que les combats contre le colonialisme et pour la dignité sont universels et solidaires.
Ainsi, Palestine Trahie transcende le simple témoignage pour devenir une cérémonie mémorielle et un appel à la conscience. Elle utilise la scène comme une chaire pour dénoncer l’injustice, mais aussi comme un miroir où le public algérien peut reconnaître les reflets de son propre passé révolutionnaire.
La pièce affirme, dans un langage artistique total, que la résistance palestinienne s’inscrit dans une longue lignée de luttes pour la liberté, et que son écho résonne bien au-delà des frontières de la terre occupée.
Amina S.