Médicaments:L’Algérie affirme son leadership régional

Dans le cadre d’une stratégie sectorielle de long terme, l’Algérie consolide sa trajectoire de développement dans le domaine pharmaceutique, avec pour ambition de renforcer son autosuffisance et d’accroître sa présence sur les marchés régionaux et internationaux.
Cette orientation a été réaffirmée par Mme Dounia Bouderbal, chargée de la sous-direction de la promotion et de la production pharmaceutique, lors d’une intervention médiatique consacrée aux récents développements du secteur.

Une plateforme africaine de haut niveau organisée à Alger
Du 27 au 29 novembre 2025, l’Algérie a accueilli la Conférence ministérielle africaine sur la production pharmaceutique, un événement structurant co-organisé avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Cette rencontre a rassemblé 29 pays africains, plus de 700 participants et plusieurs organisations internationales, dont l’UNICEF, l’ONUDI et l’Africa CDC. Elle a permis d’établir un diagnostic partagé des défis continentaux, centré sur l’autosuffisance sanitaire, la fabrication locale de médicaments et le renforcement des capacités industrielles.
En marge de la conférence, l’exposition organisée à la Safex a constitué une plateforme de promotion du savoir-faire industriel national.
Plusieurs opérateurs algériens y ont présenté leurs produits, aboutissant à la signature de cinq contrats d’exportation d’une valeur globale de 10 millions de dollars avec des partenaires africains, notamment la Mauritanie, la Libye et le Sénégal. Ces accords portent sur des médicaments et des dispositifs médicaux, confirmant la diversification de l’offre exportable.

Capacité productive et diversification des débouchés à l’export
L’industrie pharmaceutique algérienne couvre actuellement environ 80% des besoins nationaux, toutes aires thérapeutiques confondues, et repose sur un tissu de plus de 200 unités de production, dont une dizaine spécialisées dans les anticancéreux.
Cette base industrielle permet désormais de dégager des excédents exportables, orientés aussi bien vers le marché africain – avec une demande marquée en infectiologie, antibiotiques et insuline – que vers des destinations au Moyen-Orient, telles que l’Arabie saoudite et le Sultanat d’Oman. Le secteur des dispositifs médicaux, encore largement dépendant des importations, constitue un axe prioritaire de développement. Les autorités entendent stimuler les investissements dans cette filière grâce à une simplification des procédures administratives, une numérisation accrue des démarches et une cartographie industrielle ciblée. Ces mesures visent à améliorer la compétitivité locale et à réduire la facture d’importation. Les récentes avancées illustrent la montée en puissance de l’industrie pharmaceutique algérienne, désormais en mesure de concilier satisfaction de la demande domestique et développement à l’international.
Samira A.