L’Algérie a présenté au siège des Nations unies à New York, son expérience historique et ses avancées en matière de lutte anti-mines, à l’occasion d’un événement de haut niveau organisé pour marquer la Journée internationale des personnes handicapées.
Cet événement, coorganisé avec l’Autriche et la Nouvelle-Zélande en partenariat avec plusieurs agences onusiennes – dont le Service de la lutte anti-mines (UNMAS) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) –, a permis de mettre en lumière les conséquences dévastatrices des mines antipersonnel. L’accent a été placé sur la nécessité de changer les perceptions concernant les personnes en situation de handicap et sur les progrès accomplis pour leur prise en charge et leur inclusion sociale. Lors de la cérémonie d’ouverture, l’Algérie a rappelé avec force le lourd tribut payé par son peuple.
Le représentant permanent adjoint de l’Algérie aux Nations unies, l’ambassadeur Toufik Koudri, a évoqué l’ampleur de la tragédie laissée par la colonisation française, précisant que plus de 11 millions de mines avaient été disséminées sur le territoire national. «La proportion des mines antipersonnel atteignait à l’époque 11 mines pour un habitant dans les zones frontalières, et une moyenne de 1,2 mine pour un habitant au niveau national», a-t-il déclaré, soulignant que cette situation avait causé «des milliers de victimes», dans une tragédie qui s’est prolongée pendant des décennies après l’indépendance.
Une question de justice et de droits humains
Dans son intervention, l’Algérie a insisté sur le fait que la lutte anti-mines dépasse largement la dimension technique du déminage. Elle représente avant tout une démarche de justice envers les victimes, un
soutien au développement et une promotion des droits fondamentaux. «Les mines sont une menace pour les droits fondamentaux : le droit à la vie, à la liberté de mouvement, à l’enseignement et au travail», a rappelé l’ambassadeur Koudri, appelant à «garantir l’inclusion sociale totale et effective des survivants et des personnes en situation de handicap».
Une mobilisation onusienne pour un monde sans mines
La manifestation a réuni d’éminentes personnalités des Nations unies, notamment le Secrétaire général adjoint aux opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, et le Mandataire mondial des Nations unies pour les personnes handicapées dans les situations de conflit, Giles Duley.
Les participants ont unanimement salué les efforts de l’Algérie et souligné l’impérieuse nécessité de
renforcer la coopération internationale pour parvenir à un monde libéré de la menace des mines. Ils ont également réaffirmé l’importance de placer la dignité et les droits des personnes handicapées, particulièrement celles affectées par les conflits, au cœur des initiatives de paix et de reconstruction.
À travers ce témoignage poignant et son engagement actif, l’Algérie a ainsi rappelé que le combat contre les séquelles de la guerre est indissociable de la construction d’une société inclusive, juste et résiliente.
Anais G.

