L’Iran est confronté à une sécheresse d’une intensité exceptionnelle, la plus grave enregistrée depuis plus de soixante ans. Cette crise climatique a eu des répercussions directes sur les infrastructures énergétiques du pays, contraignant les autorités à prendre une décision lourde de conséquences : l’arrêt de la production d’électricité du barrage de Karkheh, l’un des plus importants ouvrages hydroélectriques du territoire.
Le directeur du barrage, Amir Mahmoudi, a expliqué que la baisse spectaculaire du niveau du réservoir avait rendu impossible le maintien de la centrale hydroélectrique dans le réseau national.
Pour préserver l’approvisionnement en eau des populations et des activités agricoles situées en aval, des lâchers ont été effectués via les vannes de l’ouvrage, garantissant un minimum de continuité dans la distribution d’eau potable et l’irrigation.Situé dans la province du Khouzestan, au sud-ouest du pays, le barrage de Karkheh est construit sur le fleuve éponyme. Présenté par l’agence officielle Irna comme le plus grand barrage en remblai d’Iran et du Moyen-Orient, il constitue un pilier stratégique pour la production d’énergie et la gestion des ressources hydriques.
Son arrêt partiel met en lumière la gravité de la crise environnementale qui frappe la région, où la raréfaction de l’eau menace à la fois la sécurité alimentaire, la stabilité économique et la vie quotidienne des habitants.
Au-delà de l’impact immédiat sur l’électricité, cette suspension illustre les défis majeurs auxquels l’Iran doit faire face dans un contexte de changement climatique et de pressions croissantes sur ses ressources naturelles. Le cas du barrage de Karkheh devient ainsi un symbole de la vulnérabilité des infrastructures face aux aléas climatiques, rappelant l’urgence d’adopter des politiques de gestion durable de l’eau et de diversification énergétique pour réduire la dépendance aux ressources hydriques.
Malik M.
La centrale du barrage de Karkheh contrainte à l’arrêt: Sécheresse historique en Iran

