L’Algérie organise aujourd’hui dimanche et demain, au Centre international des conférences (CIC) d’Alger, une rencontre internationale sur les crimes du colonialisme en Afrique.
D’une importance capitale, cet événement réunit ministres, juristes, historiens, universitaires et experts venus d’Afrique, des Caraïbes et d’autres parties du monde, dans le but de consolider une position africaine unifiée sur les questions de réparations, restitution du patrimoine et préservation de la mémoire collective.
La conférence abordera les multiples dimensions des crimes coloniaux : humaines, culturelles, économiques, environnementales et juridiques.
Les participants débattront notamment des traumatismes intergénérationnels, de la spoliation et destruction du patrimoine africain, des modèles économiques inéquitables hérités du colonialisme, ainsi que des impacts environnementaux, dont les essais nucléaires déployés sur le continent.
L’Algérie est l’un des pays africains qui ont le plus souffert des affres du colonialisme.
Une attention particulière sera portée à la mise en place de cadres juridiques destinés à renforcer la criminalisation du colonialisme et à établir un mécanisme africain permanent pour les réparations.
Cette rencontre fait suite à la décision de l’Union africaine en février 2025, qui a validé la proposition du président algérien Abdelmadjid Tebboune d’organiser une conférence dédiée au thème de l’année 2025 : «Justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine à travers les réparations».
L’Algérie, en tant que pays hôte et moteur de cette initiative, vise à renforcer l’architecture africaine de justice historique. Elle entend offrir une plateforme de dialogue de haut niveau pour promouvoir la reconnaissance internationale des crimes coloniaux et élaborer des mécanismes concrets de réparation.
Un des résultats clés attendus de ces travaux est l’adoption de la «Déclaration d’Alger».
Ce document de référence continentale devra poser les bases de la codification juridique des crimes coloniaux, reconnaître leurs impacts durables, et élaborer une stratégie africaine globale pour la justice et les réparations. Il est utile de rappeler que la criminalisation du colonialisme est devenue une priorité pour l’Union africaine.
Lors du 38e sommet de l’UA en février dernier, la colonisation a été classifiée comme un crime contre l’humanité et un génocide, soulignant ainsi la gravité des violations subies par les peuples africains.
L’Algérie, mandatée aux côtés de l’Afrique du Sud, du Togo et du Ghana, est chargée de porter cette décision au niveau international.
Le ministère algérien des Affaires étrangères a réaffirmé l’engagement total du pays dans cette mission, soulignant que cette détermination s’inspire des sacrifices consentis par tous les peuples africains dans la lutte pour leur liberté, leur souveraineté et leur indépendance.
Fateh H.
Crimes commis par le colonialisme en Afrique: Des historiens et expets internationaux en conclave à Alger

