Infrastructures, zones économiques et diplomatie proactive: Algérie, moteur de l’intégration africaine

L’expert en géopolitique et membre du Forum économique mondial, Arslane Chikhaoui, a rappelé ce lundi sur les ondes de la Chaîne 3 que l’intégration africaine «n’est pas seulement une idée, mais une réalité concrète».
Selon lui, cette dynamique repose sur une interconnexion solide entre les pays du continent, à travers des infrastructures physiques — ferroviaires, routières, aériennes — mais aussi des connexions virtuelles par voie cybernétique.
Chikhaoui a mis en avant l’action de la Banque africaine de développement, qui finance des projets structurants sans conditionnalités politiques, contrairement à d’autres institutions internationales. Pour lui, cette maturité nouvelle traduit un «réveil de l’Afrique», porté par des outils financiers adaptés, des projets à long terme et une meilleure exploitation des ressources naturelles, comme le gaz, le pétrole et les minerais stratégiques. Dans ce cadre, l’Algérie s’inscrit pleinement dans la dynamique continentale.
La mise en service prévue en janvier 2026 de la ligne ferroviaire Tindouf–Béchar illustre la volonté du pays de diversifier son économie et de renforcer ses régions frontalières.
Parallèlement, la création de cinq zones économiques frontalières, notamment à Tindouf, vise à stimuler l’activité locale et à contenir les flux migratoires en provenance du Sahel.
L’expert souligne que l’Algérie privilégie un soutien économique concret à ses voisins, Niger, Mali, Mauritanie, via des projets réalistes financés par l’Agence de coopération, qui a mobilisé un fonds d’un milliard de dollars.
Cette approche lie développement et sécurité, dans des zones fragilisées par l’insécurité et les trafics.
La tenue récente de la conférence africaine des startups et de la Foire commerciale intra-africaine (IATF) confirme l’ambition de l’Algérie de devenir un hub continental. Grâce à sa position stratégique entre Méditerranée et Afrique, sa stabilité politico-sécuritaire et un cadre légal attractif, le pays cherche à diversifier son économie et à attirer durablement capitaux et talents.
Chikhaoui rappelle que 75% des flux migratoires africains sont intra-continentaux, loin des peurs alimentées en Europe. Dans un contexte marqué par le terrorisme et les trafics au Sahel, l’Algérie agit de manière proactive pour sécuriser ses frontières et valoriser ses ressources stratégiques. «Il faut être acteur aujourd’hui et ne pas laisser le monopole du marché à quelques-uns», conclut-il, insistant sur la nécessité pour l’Algérie de s’affirmer comme puissance économique et diplomatique au cœur de l’Afrique
S. G.