Dans une déclaration commune rendue publique lundi dernier, un groupe de ministres des Affaires étrangères et de hauts responsables représentant plus de vingt pays, principalement européens, ont exprimé leur vive inquiétude face à l’aggravation des violences au Soudan, dénonçant des violations graves du droit international humanitaire.
Les signataires se disent «profondément alarmés» par les informations faisant état de violences systématiques contre les civils, notamment depuis la chute de la ville d’El-Fasher aux mains des Forces de soutien rapide (FSR).
Ils pointent également l’intensification des combats dans le nord du Darfour et dans la région du Kordofan, où les affrontements ont pris une tournure particulièrement meurtrière. La déclaration qualifie de «violations odieuses» les actes rapportés sur le terrain : ciblage délibéré des populations civiles, massacres à motivation ethnique, violences sexuelles liées au conflit, recours à la famine comme arme de guerre et entraves à l’aide humanitaire.
Les auteurs du texte soulignent que, si ces faits sont confirmés, ils constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité au regard du droit international.
Les responsables appellent à une cessation immédiate des hostilités et exigent que les responsables de ces atrocités soient traduits en justice.
Ils insistent sur la nécessité de mettre fin à l’impunité et de garantir que les auteurs de ces crimes rendent des comptes. Par ailleurs, les signataires exhortent toutes les parties impliquées dans le conflit à engager un dialogue politique inclusif, estimant qu’un processus soudanais large et représentatif est la seule voie viable pour sortir de la crise. Dans ce contexte dramatique, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a rapporté dimanche que près de 89 000 personnes ont été déplacées d’El-Fasher et de ses environs depuis le 26 octobre, date à laquelle les FSR ont pris le contrôle de la ville.
Ce chiffre témoigne de l’ampleur de la catastrophe humanitaire en cours, qui continue de s’aggraver sous les yeux de la communauté internationale .
Fateh H.
Soudan: Plus de 20 pays dénoncent des crimes contre l’humanité

