Le 26ᵉ Salon international de l’artisanat traditionnel (SIAT 2025) a ouvert ses portes ce dimanche au Palais de la culture Moufdi-Zakaria à Alger, dans un contexte où l’artisanat algérien se positionne de plus en plus comme un acteur stratégique de l’économie nationale.
À cette occasion, Abdelkrim Berki, directeur général de la Chambre nationale de l’artisanat et des métiers (CNAM), a souligné le poids croissant de ce secteur, qui génère aujourd’hui plus de 1,4 million d’emplois directs et contribue à hauteur de 400 milliards de dinars au produit intérieur brut (PIB) du pays.
Invité de la semaine sur l’émission «L’invité du jour» de la Chaîne 3 de la Radio algérienne, M. Berki a précisé que l’Algérie compte actuellement 470 266 artisans et artisanes, répartis sur l’ensemble du territoire. Mais l’ambition est claire : atteindre 700 000 artisans à l’horizon 2030, créer 2 millions d’emplois directs et dépasser les 400 milliards de dinars de contribution au PIB. «On ne va pas s’en réjouir pour autant, car nous aspirons à mieux», a-t-il affirmé, insistant sur le potentiel encore sous-exploité du secteur.
Placée sous le thème «L’artisanat traditionnel algérien : héritage, authenticité et créativité artistique», cette édition du SIAT coïncide avec la célébration de la Journée nationale de l’artisan et se veut une vitrine du savoir-faire local et international.
Du 9 au 15 novembre, 334 artisans, dont 264 algériens et 70 étrangers venus de 12 pays, exposeront leurs créations, dans une dynamique de valorisation des métiers traditionnels et de stimulation des échanges commerciaux. Au-delà de l’exposition, le salon intègre une dimension institutionnelle forte, avec la participation de plusieurs ministères et dispositifs d’appui tels que la Formation professionnelle, les Start-up, l’Enseignement supérieur, la NESDA et l’ENGEM.
Trois journées d’étude sont également prévues pour approfondir les enjeux économiques, techniques et sociaux liés au développement du secteur.
La modernisation est au cœur des priorités. M. Berki a mis en avant les avancées en matière de numérisation, notamment la mise en place d’une carte d’artisan dotée d’un QR code, permettant une traçabilité complète du parcours professionnel, une meilleure gestion statistique et une anticipation des fragilités sectorielles.
«Cette carte, digne de ce nom, nous permet de suivre le cursus de notre artisan jusqu’à la retraite et d’identifier les activités en difficulté pour agir en amont», a-t-il expliqué.
Le directeur de la CNAM a également exhorté les artisans à intégrer davantage de design et de modernité dans leurs produits, tout en préservant leur identité culturelle. L’objectif : rendre l’artisanat algérien visible et compétitif sur les marchés internationaux. «L’artisan doit impérativement garder l’âme de son produit, mais y ajouter une touche contemporaine qui facilite son accessibilité à l’export», a-t-il souligné.
Enfin, pour encourager la participation citoyenne, des bus gratuits ont été mis à disposition à partir de six points de départ dans la capitale, permettant au public de découvrir de près le potentiel économique, culturel et créatif de l’artisanat algérien et mondial.
Le SIAT 2025 s’impose ainsi comme un espace de convergence entre tradition et innovation, entre économie locale et ambition internationale, un rendez-vous où l’artisanat devient moteur de croissance, d’emploi et de rayonnement .
Malik M.
L’Artisanat: Un pilier économique fort de 1,4 million de postes

