A l’approche du sombre anniversaire de l’accord tripartite de Madrid, lequel a acté la trahison espagnole au peuple du Sahara occidental, le président de la RASD a rappelé à l’Espagne, son obligation de corriger une erreur historique gravissime. Pour Ibrahim Ghali, l’accord signé un certain 14 novembre à Madrid est «une trahison» et porte «préjudice au droit international». «Cinquante ans après ce sombre accord, l’Espagne n’a pas corrigé sa position perfide et honteuse, tout en se vantant publiquement de soutenir la légitimité internationale en Palestine», a déploré le président de la République arabe sahraouie démocratique, qui s’exprimait samedi dernier à l’occasion de la Journée nationale du prisonnier politique sahraoui, commémorant l’anniversaire du démantèlement du camp de Gdeim Izik.
Qualifiant l’accord tripartite de Madrid (Espagne-Maroc-Mauritanie), de «grave erreur historique, de trahison honteuse du peuple sahraoui et de préjudice au droit international», Ghali a chargé l’Espagne qui «a oublié que son ancienne colonie, le Sahara occidental est sous occupation marocaine», non sans charger le gouvernement de Pedro Sanchez qui s’aligne sur la thèse expansionniste du Maroc et soutient les accords illégaux UE-Maroc pour piller les richesses naturelles du Sahara occidental.
Sur ce, le président sahraoui a appelé d’ailleurs, l’Union européenne, à s’abstenir de signer tout accord affectant les territoires, l’espace aérien ou les eaux territoriales du Sahara occidental sans le consentement du peuple sahraoui, par l’intermédiaire de son seul représentant légitime, le Front Polisario.
Il y a 50 ans, en effet, et après 100 de présence sur le terrain, le dernier gouvernement de la dictature de Franco signa les Accords de Madrid avec le Maroc et la Mauritanie, actant la cession par l’Espagne alors «Puissance administrante» du Sahara occidental, à ces deux pays. Un acte jamais reconnu par les Nations-Unies, puisque l’Assemblée générale avait clairement désavoué ce traité dans ses deux éléments principaux. Elle déclara ainsi que la décolonisation du Sahara Occidental devait se faire uniquement par la voie d’un référendum, accordant aux Sahraouis le droit à l’autodétermination, et continua à considérer l’Espagne, seule, comme la «puissance administrante» du territoire. Un qualificatif catégoriquement refusé pour les deux autres pays signataires de l’Accord de Madrid, le Maroc et la Mauritanie. Alors que Nouakchott a fini par céder en signant la paix avec le gouvernement sahraoui en 1978, avant de reconnaître la RASD en 1984, le Maroc lui, continue à ce jour de rêver d’annexer ce territoire classé depuis 1963 par l’ONU comme «non autonome». Mais, la lutte des Sahraouis pour leur indépendance et leur détermination à vivre loin de la domination marocaine, ont fait avorter les vieux plans du Makhzen .
Farid B.
Ibrahim Ghali tire sur l’accord tripartite de Madrid de 1975: Quand l’Espagne a trahi les Sahraouis !

