A l’approche du 1er Novembre, date fondatrice de la Révolution de libération nationale, l’ensemble des institutions culturelles du pays se mobilise pour offrir un programme riche en émotions, en réflexion et en créativité.
De la capitale aux régions les plus éloignées, l’Algérie s’apprête à rendre hommage à son histoire à travers une série d’événements artistiques, intellectuels et populaires. Dès aujourd’hui mardi, l’Office Riadh El Feth (OREF) donne le coup d’envoi des festivités avec une grande exposition d’artisanat au Centre des arts, en partenariat avec la Chambre de l’artisanat et des métiers de la wilaya d’Alger. Plus de 200 stands mettront en lumière la diversité et la richesse du patrimoine algérien.
Fidèle à la tradition, le Maqam Echahid s’illuminera aux couleurs nationales, attirant familles et visiteurs dans un esprit de recueillement et de fierté. Le Musée du Moudjahid accueillera, quant à lui, une série de rencontres, dont une table ronde organisée avec le Conseil supérieur de la jeunesse sur le thème «La révolution et la jeunesse».
En point d’orgue, la projection du film Zighoud, réalisé par Mounes Khammar et produit par le ministère des Moudjahidine et des Ayants droit, aura lieu dans la nuit du 31 octobre.
Une scène artistique vibrante
Le 30 octobre, l’association Ahl El Fen proposera un concert de musique andalouse à 18h30. Le lendemain, un grand gala artistique, organisé en coordination avec l’établissement Arts et Culture, animera l’esplanade de Riadh El Feth. Des milliers de spectateurs sont attendus pour une soirée gratuite réunissant des artistes de divers horizons musicaux, dont le groupe targui Tikoubaouine, dans une ambiance festive et fédératrice. Du 10 au 12 novembre, l’association Pour le mot et la culture organisera à Alger un forum des jeunes créateurs sous le slogan «Nos créations préservent notre mémoire». Un concours artistique a été lancé pour valoriser les œuvres de jeunes de moins de 40 ans dans les domaines de la musique, de la poésie, du court-métrage et du monologue.
Mémoire et transmission au cœur du SILA
Le Salon international du livre d’Alger (SILA), qui ouvrira ses portes le 29 octobre, consacrera deux débats majeurs aux événements du 8 Mai 1945 et aux attaques du 20 Août 1955. Une manière de raviver la mémoire collective et d’interroger les fondements de l’histoire nationale à travers le prisme du livre et de la pensée.
Théâtre, cinéma et photographie : un hommage pluriel
Partout dans le pays, les maisons de la culture et les théâtres régionaux se joignent à la célébration. À Tizi Ouzou, l’association Thala des arts dramatiques organisera, du 29 octobre au 1er novembre, les premières Journées du théâtre de préservation de la mémoire. À Djelfa, la maison de la culture Ibn-Rochd proposera un panorama du cinéma révolutionnaire, avec des projections, des hommages à Mohamed Lakhdar Hamina et Ahmed Zir, des documentaires, des conférences et six ateliers de formation autour des métiers du cinéma. À Constantine, un Salon national de la photographie mettra à l’honneur les plus beaux clichés à valeur historique, dans une démarche de sauvegarde et de valorisation du patrimoine visuel. Depuis 2020, le 8 Mai est officiellement consacré comme Journée nationale de la mémoire. Cette reconnaissance s’inscrit dans une volonté politique affirmée de transmettre aux générations futures le sens du sacrifice, de la dignité et de la souveraineté.
Le 1er Novembre, plus qu’une commémoration, devient ainsi un moment de communion nationale, où l’art, la pensée et la mémoire s’unissent pour faire vivre l’esprit de la Révolution.
Amina S.

