C’est un autre pas en avant dans le dégel du froid dans les relations entre Alger et Paris.
La visite, ce lundi en Algérie, du ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, marque le retour progressif à la normale déjà en cours, entre les deux pays. Après la reprise des échanges commerciaux en novembre 2024, voilà qu’Alger et Madrid actent la reprise des liens directs à travers des visites dans les deux sens. Sept mois après le déplacement de l’ancien ministre de l’Intérieur, Brahim Merad, en Espagne, Fernando Grande-Marlaska arrive aujourd’hui à Alger pour s’entretenir avec Said Sayoud, ministre de l’Intérieur et des Transports. Il s’agit du premier responsable du gouvernement espagnol à se rendre en Algérie depuis mars 2022.
Coopération sécuritaire, immigration, lutte contre le trafic de drogue, sécurité routière et lutte contre les incendies, sont autant de dossiers sur lesquels les deux ministres de l’Intérieur des deux pays devraient se pencher lors de cette visite. D’ailleurs, plusieurs responsables espagnols d’organismes et d’institutions seront du voyage : le commissaire général des Étrangers et des Frontières de la Police nationale, le chef du Commandement des frontières et de la police maritime de la Garde civile, la directrices générales des Relations internationales et des Étrangers, la directrice générale de la Protection civile et des situations d’urgence et le directeur général de la sécurité routière, précisaient, hier, des médias locaux. Question d’extrême urgence, l’immigration irrégulière s’impose en tête des priorités pour les deux pays.
Selon des bilans du ministère espagnol de l’Intérieur, le phénomène a atteint des seuils jamais enregistrés par le passé, notamment dans les Baléares via la route maritime algérienne. Rien que pour la période entre janvier et septembre de l’année en cours, 6 000 citoyens originaires d’Afrique ont emprunté cette voie, soit 84% de plus que les statistiques enregistrées en 2024, pour la même période.
Autre dossier important, la coopération sécuritaire dans la région du Maghreb et le Sahel, ainsi que la lutte contre le terrorisme et le crime organisé.
Une commission mixte s’est déjà réunie à cet effet, le 14 octobre dernier à Madrid, lors de laquelle la convention bilatérale de sécurité signée à Alger le 15 juin 2008, a été abordée. En tout état de cause, le retour des visites souligne si besoin est, que la crise diplomatique de mars 2022, déclenchée par la décision du gouvernement espagnol de «s’aligner sur les thèses du Maroc» dans le dossier du Sahara occidental, et qui a poussé Alger à retirer son ambassadeur en Espagne, est désormais enterrée. Après que le même Exécutif ait «reconsidéré sa position» sur le même dossier, l’Algérie a nommé en novembre 2023 un nouvel ambassadeur à Madrid, rappelle-t-on .
Farid B.
fernando grande-marlaska à Alger: Algérie-Espagne : le réchauffement se poursuit

