La bande dessinée comme levier culturel, économique et solidaire: Le FIBDA 2025 s’ouvre à Alger

Sous le haut patronage de la ministre de la Culture et des Arts, Mme Malika Bendouda, la 17ᵉ édition du Festival international de la bande dessinée d’Alger (FIBDA) a été inaugurée à l’Esplanade Riadh El Feth.
Placée cette année sous le thème «Édition des enfants», cette manifestation culturelle majeure réunit des artistes venus de quatre continents, avec l’Égypte en invité d’honneur.
Dans son allocution, la ministre a souligné que le FIBDA est devenu un rendez-vous incontournable pour le public algérien et les visiteurs étrangers, une vitrine de la diversité artistique nationale et un espace de rayonnement du neuvième art, profondément ancré dans la mémoire collective algérienne.
Elle a insisté sur le rôle stratégique de la bande dessinée dans l’éducation culturelle des jeunes, sa capacité à créer des ponts avec les publics internationaux, et son potentiel à stimuler la lecture comme acte citoyen. Mme Bendouda a également annoncé une révision de la gestion des festivals culturels, affirmant que ces événements doivent désormais s’inscrire dans une logique de production intellectuelle et économique.
Elle a défendu une vision ambitieuse : faire des festivals des écosystèmes culturels durables, porteurs de divertissement, d’éducation, d’embellissement urbain et de contribution à l’économie nationale, en rompant avec la dépendance au financement public et en encourageant la recherche de sponsors.Parmi les moments forts de cette édition, l’exposition «Bandes dessinées de Palestine… voix individuelles, cri collectif» a marqué les esprits.
Encadrée par l’artiste espagnol Pedro Rojo Pérez, cette initiative solidaire rassemble les œuvres de dix bédéistes palestiniens qui illustrent, avec force et émotion, la résistance héroïque dans la bande de Ghaza. Leurs planches traduisent la souffrance des enfants, des femmes et des hommes face à l’agression sioniste, tout en célébrant leur dignité et leur résilience. La ministre a honoré plusieurs figures de la scène artistique et intellectuelle, dont Pedro Rojo Pérez, la chercheuse américaine Alexandra Turk, les artistes Hanane Benmediouni et Nadjet Belabbes, ainsi que le scénariste Boukhalfa Amazit.
Le palmarès du concours de bande dessinée a également été dévoilé. Dans la catégorie des moins de 16 ans, Abderrahmane Mehibel a remporté le premier prix, suivi d’Ania Sassi et de Ryad Boutemour. Pour les plus de 16 ans, Yacine Slimane Ouchane s’est distingué, devant Toubal Maamer et Benyoucef Abbas Kebir. Le concours international de l’auteur professionnel a sacré Hakim Touileb (Algérie) et Youmbi Monté (Cameroun). Avec la participation d’artistes venus d’Espagne, des États-Unis, du Canada, du Japon, de Palestine, de Tunisie, du Liban, du Mexique, du Cameroun et de Slovénie, le FIBDA 2025 s’impose comme un carrefour de création, de mémoire et de solidarité, où l’Algérie affirme son rôle moteur dans la valorisation du neuvième art et la défense des causes justes .
Amina S.