Sahara occidental: Le Polisario lance un ultimatum à la communauté internationale

Le président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali, a tracé une ligne rouge infranchissable lors de sa rencontre avec l’émissaire onusien Staffan de Mistura.
Face à la stagnation du processus de paix, le leader sahraoui a sonné la mobilisation en déclarant que toute solution contournant la volonté du peuple sahraoui serait «totalement et catégoriquement rejetée», posant les termes d’un ultimatum diplomatique à la veille de cruciales discussions au Conseil de sécurité de l’ONU. La rencontre, qui s’est déroulée au siège de la présidence sahraouie, a servi de tribune pour un plaidoyer vibrant en faveur de la complète décolonisation du Sahara Occidental, présenté comme «la dernière colonie d’Afrique».
Brahim Ghali a, avec une clarté sans équivoque, rappelé l’engagement de son mouvement à coopérer avec les efforts de l’ONU et de l’Union africaine. Cependant, cette coopération est conditionnée à un alignement strict des pourparlers sur le droit international. Il a dénoncé les tentatives de substituer à l’objectif initial d’autodétermination des solutions politiques qui, sous couvert de réalisme, consacreraient un statut quo inacceptable et une négation des droits fondamentaux du peuple sahraoui. Au cœur du discours de M. Ghali réside l’exigence du référendum d’autodétermination, présenté comme l’unique issue légitime et durable. Le président sahraoui a insisté sur le caractère «inaliénable et imprescriptible» de ce droit, devant être exercé «en toute liberté et démocratie», sans pression ni manipulation.
Il a fustigé l’incapacité de la MINURSO à remplir son mandat initial depuis son déploiement en 1991, pointant du doigt les blocages successifs et les manœuvres dilatoires. Son appel direct au Conseil de sécurité de l’ONU à prendre «toutes les mesures nécessaires» pour permettre à la Mission d’organiser enfin un scrutin libre et juste sous supervision onusienne représente un durcissement de ton significatif. Il place la balle dans le camp de la communauté internationale, l’appelant à assumer ses responsabilités.
La conclusion du message de Brahim Ghali s’est faite sur une note solennelle, teintée d’une mise en garde sévère. Il a alerté sur les conséquences désastreuses qu’aurait toute tentative d’imposer une solution ne respectant pas la volonté du peuple sahraoui. Un tel scénario, a-t-il affirmé, ne serait pas seulement un échec diplomatique ; il constituerait une menace directe et «un grave danger pour la paix, la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région du Maghreb et du Sahel».
Ce discours, qui marque une étape cruciale dans le dossier sahraoui, place la prochaine session du Conseil de sécurité de l’ONU sous très haute tension, avec en ligne de mire la reconduction – ou la révision – du mandat de la MINURSO. La communauté internationale est désormais sommée de choisir entre l’application du droit international et la gestion hasardeuse d’une crise régionale potentielle .
Malik M.