La pomiculture, c’est-à-dire l’ensemble des techniques et pratiques liées à la culture des pommiers, connaît un essor remarquable dans les wilayas de Batna et de Khenchela. Ces deux régions, réputées pour produire les meilleures variétés de pommes du pays, se sont imposées comme des pôles nationaux d’investissement dans cette arboriculture, grâce à l’extension des vergers et à l’adoption de techniques modernes.
Batna : une production en forte hausse
À Batna, la direction des services agricoles (DSA) prévoit, pour la saison agricole 2024-2025, une récolte estimée à près de 2 millions de quintaux, contre 1,6 million l’année dernière. Les vergers de pommiers couvrent aujourd’hui une superficie de 5 878 hectares, dont 4 937 hectares productifs, principalement concentrés dans les communes d’Ichemoul, Ayoun El Assafir (zone de Merial), Oued Taga et Hidoussa.
La variété Golden Delicia domine la production locale, suivie de Star Crimson, Royal Gala et Hana, cette dernière étant une variété précoce cultivée notamment dans la région sud de la wilaya déléguée de Barika, où les récoltes ont débuté dès août. Les agriculteurs confirment une saison exceptionnelle tant en qualité qu’en quantité. Mme Nouara Khelifi, installée à Hidoussa, souligne que l’utilisation de bassins d’irrigation en plastique lui a permis d’étendre ses vergers et d’introduire de nouvelles variétés malgré les contraintes du relief montagneux. Le développement de la filière s’appuie également sur le soutien de l’État, qui encourage désormais la culture du pommier jusque dans les zones méridionales.
Khenchela : un marché de gros et des projets de transformation
Dans la wilaya voisine de Khenchela, la pomiculture affiche également des résultats prometteurs. Pour la saison en cours, la production est estimée à 1,75 million de quintaux, soit une hausse de 100 000 quintaux par rapport à l’an dernier. La filière a enregistré une croissance de 35% depuis 2020, où la récolte atteignait 1,3 million de quintaux. Cette dynamique est renforcée par la mise en service, début août, du marché de gros de la pomme dans la commune de Bouhamama. Érigé sur plus de 3 hectares et financé à hauteur de 690 millions de dinars, ce marché constitue une plateforme stratégique pour l’écoulement de la production locale. En parallèle, l’État œuvre à la réalisation de chambres froides pour améliorer la conservation des pommes et réduire les pertes.
Le président de la Chambre d’agriculture, M. Yacine Kenzari, a rappelé la disponibilité du crédit d’investissement «Tabrid» (réfrigération), un dispositif sans intérêt, plafonné à 150 millions de dinars, destiné à financer des chambres froides d’une capacité de 300 à 5 000 m³, remboursables sur dix ans.
Enfin, une zone d’activités dédiée à la transformation de la pomme sera prochainement créée à Bouhamama. Installée sur 10 hectares et ouverte à 20 investisseurs, elle permettra de développer la production de jus, confitures et autres dérivés, tout en générant de nouveaux emplois pour les jeunes et en stimulant l’activité commerciale dans la région .
Lotfi C.

