Réforme linguistique dans l’éducation: L’anglais gagne du terrain, l’école algérienne s’aligne sur les standards mondiaux

Une réforme majeure se profile dans le système éducatif algérien : dès la rentrée scolaire 2025–2026, le volume horaire consacré à l’enseignement du français dans les écoles primaires et les collèges sera réduit au profit de l’anglais. Cette décision, qui s’inscrit dans une stratégie linguistique nationale de long terme, marque une nouvelle étape dans l’évolution du paysage éducatif algérien2.Selon les premières informations relayées par les directions de l’éducation, des instructions orales ont été transmises aux chefs d’établissement, leur demandant de suspendre la finalisation des emplois du temps en attendant la publication officielle de la circulaire ministérielle. Celle-ci devrait entériner la réduction d’une heure hebdomadaire de français dans chaque niveau du primaire et du moyen, réattribuée à l’enseignement de l’anglais.Cette réorganisation n’est pas improvisée. Elle prolonge la réforme amorcée il y a quelques années, lorsque l’anglais a été introduit dès la troisième année du primaire. À l’époque, cette initiative avait été qualifiée de « révolutionnaire » par le ministère de l’Éducation nationale, en raison de son alignement avec les tendances mondiales faisant de l’anglais la langue dominante dans les domaines scientifiques, technologiques et académiques.Le français, longtemps langue dominante dans le système éducatif algérien, voit ainsi son statut évoluer vers celui d’une langue de transition.
Cette réorientation stratégique vise à préparer les élèves à un monde où l’anglais est devenu incontournable dans les publications scientifiques, les échanges universitaires et les opportunités économiques.Du côté des enseignants, les réactions sont contrastées. Les professeurs de français expriment une inquiétude légitime, redoutant une baisse du niveau linguistique des élèves et une éventuelle réduction des postes budgétaires. À l’inverse, les enseignants d’anglais saluent cette mesure comme un rééquilibrage attendu, tout en soulignant la nécessité d’un accompagnement pédagogique solide : formation continue, renforcement des ressources, et mise à disposition de supports adaptés.Si elle est confirmée, cette réforme pourrait entraîner une révision profonde des programmes scolaires, de la carte de formation des enseignants et des méthodes d’évaluation.
Elle pose également la question de la capacité du système éducatif à absorber un changement aussi rapide, tant sur le plan logistique que pédagogique. Mais au-delà des ajustements techniques, cette réforme traduit une ambition claire : faire de l’école algérienne un espace ouvert sur le monde, capable de former des générations tournées vers l’avenir, maîtrisant les outils linguistiques nécessaires pour s’inscrire dans les dynamiques globales. L’anglais, dans ce cadre, devient non seulement une langue d’apprentissage, mais un vecteur d’émancipation et de compétitivité .

Farid B.