La mise en œuvre de la nouvelle allocation touristique de 750 euros pour les adultes et 300 euros pour les mineurs commence à produire ses effets sur le marché parallèle des devises, connu sous le nom de « Square » à Alger. Depuis son entrée en vigueur le 20 juillet 2025, le taux de change de l’euro a connu une baisse significative, atteignant 250 DA à l’achat et 254 DA à la vente, soit une perte de près de 100 dinars pour 100 euros en une semaine.Cette tendance baissière est directement liée à la stratégie de l’État algérien visant à assécher le marché informel en offrant aux citoyens un accès encadré et sécurisé aux devises étrangères. Grâce à un réseau de 85 guichets répartis dans les aéroports, ports et postes frontaliers, les voyageurs peuvent désormais retirer leurs devises à un taux officiel, après avoir effectué leur réservation auprès des banques agréées. Le président de l’Organisation Algérienne de Protection du Consommateur (APOCE), Mustapha Zebdi, a confirmé que cette mesure a provoqué un rééquilibrage de l’offre et de la demande, réduisant la pression sur le marché noir. Les cambistes eux-mêmes reconnaissent une chute de la demande, notamment de la part des gros acheteurs, qui préfèrent désormais se tourner vers les circuits officiels. Cette réforme, portée par la Banque d’Algérie et soutenue par la volonté politique du président Abdelmadjid Tebboune, marque une étape décisive dans la lutte contre l’économie informelle. Elle vise à réduire l’écart entre les taux officiels et parallèles, à renforcer la transparence financière, et à restaurer la souveraineté monétaire du pays.En offrant aux citoyens un accès équitable aux devises, l’État algérien démontre sa capacité à réguler les flux financiers tout en protégeant le pouvoir d’achat des voyageurs. Cette dynamique pourrait, à terme, affaiblir durablement le marché parallèle, et ouvrir la voie à une bancarisation plus large des transactions en devises, dans le cadre d’une réforme globale du système financier .
C.Lotfi

