Retrait des États-Unis de l’UNESCO :Washington tourne le dos au multilatéralisme

Dans une décision qui ravive les tensions diplomatiques et affaiblit les principes de coopération internationale, les États-Unis ont annoncé mardi leur retrait de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), deux ans seulement après y avoir réintégré l’agence sous l’administration Biden. Ce retrait, qui prendra effet en décembre 2026, marque la troisième sortie américaine de l’organisation, et la deuxième sous la présidence de Donald Trump.
Selon le communiqué du département d’État, Washington justifie sa décision par le fait que l’UNESCO « promeut des causes sociales et culturelles clivantes » et affiche un « parti pris anti-israélien ». La reconnaissance de l’État de Palestine comme membre à part entière de l’organisation est notamment pointée du doigt comme étant « contraire à la politique américaine » et « problématique ».
La directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, a exprimé son profond regret face à cette décision, tout en affirmant que l’organisation s’y était préparée. Elle a rappelé que l’UNESCO avait entrepris des réformes majeures depuis 2018, diversifié ses sources de financement, et renforcé son rôle dans des domaines clés comme l’éducation, la culture en zones de conflit, la lutte contre l’antisémitisme et la promotion de l’éthique de l’intelligence artificielle.Ce retrait est perçu comme un nouveau coup porté au multilatéralisme, dans un contexte où les défis mondiaux — qu’ils soient éducatifs, culturels ou environnementaux — exigent plus de coopération, pas moins. Il illustre également la volonté de l’administration Trump de désengager les États-Unis des institutions internationales, au nom d’une politique étrangère « America First » qui privilégie les intérêts nationaux au détriment des engagements collectifs. L’UNESCO, fondée après la Seconde Guerre mondiale pour promouvoir la paix par la culture et l’éducation, perd ainsi un membre influent, mais affirme pouvoir continuer ses missions grâce au soutien croissant d’autres États membres et partenaires privés. Le retrait américain, bien que regrettable, ne remet pas en cause la légitimité ni la pertinence de l’organisation, qui reste un forum unique de dialogue et de construction de la paix .
Amina.S